Crédit Photo : CTV International
Le film commence et l'on a affaire à un curieux montage sensé nous présenter les différents protaganistes. L'effet est raté et l'on se perd un peu dans les portraits présentés. Cette petite
maladresse est rapidement rattrapée lorsque les sept protagonistes se retrouvent dans les bureaux d'une entreprise employant une bien curieuse méthode de recrutement : la méthode Grönholm. Le but
est simple : veiller à ce que les participants s'éliminent entre eux par des procédés de plus en plus éprouvants et déstabilisants.
Critique directe de la mondialisation avec dès le début des images de gens manifestant à l'encontre de celle-ci, ce long métrage ne se positionne toutefois pas comme un drame où l'on répète
sans arrêt "la mondialisation c'est mal". Marcelo Pineyro est plus fin et nous amène à examiner notre société à partir de différentes scènes où l'humiliation est forte. Bloqués
dans un huis clos impitoyable , les candidats s'interrogent, cherchent une taupe dans le groupe, se critiquent sur leur passé ou leur personnalité. Peu à peu l'agressivité prend le dessus et
révèle les instincts les plus primaires de chacun. On pouvait s'attendre à un dénouement musclé avec une virée trash, le film proposera plutôt une fin avec en fond une histoire sentimentale. Car
s'ils sont sept adversaires, deux d'entre eux ont un passé sentimental et profitent de ce recrutement pour faire le point et régler quelques comptes.
L'introduction d'une pseudo love story est un peu gros et maladroit. Mais en utilisant le procédé de l'humour avec des situations inattendues (bien qu'un brin invraisemblables)
Pineyro s'en tire bien. Que retenir au final de ce film qui joue sur plusieurs registres (dramatique,critique,comique)? A la musique lounge et joyeuse des couloirs de la
structure se superposent des violences morales très discutables. La musique dénonce bien cette hypocrisie d'une fausse "ambiance positive de travail en entreprise". Jusqu'où est-on prêt à aller
pour avoir un poste, rentrer dans le moule et mener une vie "métro-boulot-dodo"? La réussite professionnelle est-elle importante au point d'en oublier tout sentiment humain
(amour,solidarité,respect)? A la fin du duel final, le candidat perdant sortira des locaux pour se retrouver dans une rue saccagée par les manifestations. Une rue comme ravagée, apocalyptique,
montrant bien les ravages d'un mode de fonctionnement qui nous entraine vers le chaos.
La Méthode suscite une certaine réflexion, arrive à tenir sur la longueur malgré quelques pertes de vitesse en cours de route et se révèle être au final un bon divertissement. Le
procédé pourra indirectement rappeler celui des émissions de télé-réalite où là aussi il n'en restera qu'un et peu importe la violence morale utilisée pour vaincre. Triste monde que celui dans
lequel nous vivons...
Je pense tout de même que c'est un bon film qui traite sur le sujet du film d'entreprise.