UN FILM DE TROY NIXEY
La petite Sally (Bailee Madison) est contrainte d’emménager avec son père, Alex (Guy Pearce) et la nouvelle compagne de celui-ci, Kim (Katie Holmes). Ils l’accueillent dans une grande demeure isolée qu’ils sont en train de retaper. Un endroit à la fois majestueux et effrayant où dans un premier temps la gamine s’ennuie. Et soudain, la nuit, dans l’obscurité, d’étranges créatures l’appellent. Il semblerait que ces êtres étranges tiennent à faire sa connaissance. D’abord intriguée et amusée, Sally va vite comprendre qu’elle s’est en fait adressée à des sortes de monstres qui ne veulent que son malheur. De plus en plus terrorisée, elle tente tant bien que mal d’expliquer la situation à Alex et Kim. Mais ces derniers pensent qu’elle dérape, qu’il s’agit là d’une lubie de jeune fille incapable de s’adapter à une nouvelle famille. Le temps presse, les créatures deviennent de plus en plus sadiques et vont bel et bien finir par transformer le quotidien de chacun en enfer…
Adaptation d’un téléfilm horrifique devenu culte, Don’t be afraid of the dark, produit par Guillermo del Toro, rappelle justement l’univers de ce dernier. Avec malheureusement moins de maîtrise.
On a la sensation d’assister à un étrange conte où tout dérape progressivement. La demeure , contenant dans ses sous-sols des créatures maléfiques, sera la source principale de toutes les angoisses. Angoisses finalement assez contenues, l’œuvre ne secouant finalement que très peu. On pourra par exemple regretter que malgré un titre alléchant, le cinéaste ne joue pas plus que ça avec le noir. Il parvient toutefois à rendre vraiment insupportables et répugnants ses petits monstres ne supportant pas la lumière...
On le sait, les films de ce genre ne font pas toujours la part belle aux acteurs. Guy Pearce et Katie Holmes s’en tirent plutôt bien. Cette dernière délaisse en effet ses tics habituels pour camper avec une certaine sobriété le rôle d’une belle-mère faussement pimbêche qui deviendra malgré elle l’héroïne de l’histoire. Histoire un peu trop simpliste, prévisible, manquant d’audace…
Pourtant, malgré un indéniable manque de saveur, Don’t be afraid of the dark divertit et peut même se révéler assez attachant. Il fait l’effet d’un modeste train fantôme d’une autre époque. Le côté maison hantée, les voix kitschs des créatures qui susurrent « Sally, Sally … » : il y a un petit charme vieillot dans cette entreprise, un amour du genre qui se ressent. Pas du tout inoubliable, ce Don’t be afraid of the dark pourra faire passer aux amateurs du genre, pas trop exigeants, un agréable moment.
Film vu à l’Etrange Festival 2011
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