UN FILM DE MIKE DONAHUE
Un été ensoleillé. Quatre potes gays passent du bon temps un après-midi au bord de la piscine. Il y a David et George, deux hommes au début de la quarantaine ainsi que Roger (la trentaine) et Paulo (fin de vingtaine).
David affiche une grande forme physique, un torse finement musclé. Les années ne l’ont pas changé : il est toujours aussi séducteur et continue de briser les cœurs. Il ne voit ainsi pas que George, ami de longue date et toujours puceau, l’aime en secret et en souffre de plus en plus. David serait plus tenté par Paulo, avec qui il avait connu un début de relation mais qui n’avait pas plus accroché que ça avec lui. Et pendant ce temps, Roger observe ce qui se passe d’un air amusé, espérant retrouver un jour le garçon pour lequel il a eu un coup de foudre mais dont il ne connaît pas le nom.
En attendant que leurs pizzas soit livrées, les boys reçoivent des visites inattendues et font le point sur leur existence…
On ne peut pas gagner à tous les coups. Autant le cinéma gay indépendant compte beaucoup de curiosités et de jolies surprises, autant parfois il touche le fond. C’est le cas ici avec ce Pooltime sans aucune ambition cinématographique. Réalisation sans personnalité, bande-originale pop bas de gamme insupportable, kitscheries (le film est ponctué de parenthèses inutiles où les garçons nagent sur un jingle onirique de pacotille – façon de surligner l’envie de mouvement, de « se jeter à l’eau »), interprétations approximatives (le personnage de la mère de George est une véritable honte)…Bref, on tient là un bon gros navet qui n’a pas grand chose à offrir.
Le propos est creux, on se retrouve une énième fois devant des gays nombrilistes qui font le point sur leur petite vie sans relief. Si à la rigueur, par moments, les personnages peuvent se révéler attachants, ils n’ont tellement rien à dire, sont prisonniers d’une intrigue si inconséquente qu’on a envie de fuir. On pourrait se dire : « Oh c’est un petit divertissement sympa sans prétention avec des beaux mecs au bord de l’eau » sauf que même pas. Le casting n’est même pas hot ! (La jaquette du DVD prend les deux seuls mecs potables, des seconds rôles, pour attirer le client, il n'y a vraiment pas de quoi sauter au plafond).
Entre rebondissements absurdes ou téléphonés, questions existentielle éculées ("Ais-je vraiment envie d'une relation sérieuse ?"), on s’ennuie ferme et on se laisse entrainer vers le fond de la piscine, noyés par tant de vacuité.
Film produit en 2010
Disponible en DVD