UN FILM DE MATTHEW PORTERFIELD
Cory meurt d’une overdose d’héroïne dans une maison abandonnée. Ses proches, famille et amis, se réunissent afin d’assister à son enterrement. Avant ce terrible événement, chacun évoque sa vie, ses souvenirs. Emerge un portrait du quotidien, de l’existence, dans un coin paumé de Baltimore…
Cela faisait plus d’un mois que j’attendais Putty Hill. Pour de plus ou moins bonnes raisons. Déjà, les noms de Larry Clark et de Gus Van Sant revenaient fréquemment dans les articles qui lui était consacré. Ensuite, le film avait été présenté à l’ACID à Cannes, section parallèle, courageuse, qui est souvent riche en pépites cinématographiques. Enfin, ce long-métrage indépendant est sorti par un distributeur passionné, qui en général se bat pour imposer des auteurs encore trop méconnus.
Belle affiche, presse plus qu’enthousiaste : je suis entré dans la salle de cinéma on ne peut plus confiant.
Au bout de dix minutes, début d’inquiétude : certes, il y a un véritable travail sur le son et sur l’image. Mais on a très rapidement la sensation d’assister à l’œuvre d’un photographe autiste. Contempler la jeunesse désorientée, les marginaux, ceux qui n’ont souvent pas leur place au cinéma : pourquoi pas ? Mais alors qu’on leur donne des choses à dire, une substance.
C’est bien simple : Soit les personnages sont décoratifs, de véritables fantômes, filmés de loin. Soit ils s’expriment face caméra (en mode faux documentaire) pour déballer banalités et clichés de film indé nihiliste à deux balles.
« Mon père m’a abandonné », « la prison a foutu ma vie en l’air », « mon frère est mort, « la vie est dure »…Triste ? Même pas une seconde ! Car le réalisateur ne prend jamais la peine de créer, de poser ses personnages. Ils ne sont que des figures contemplées avec une fascination que l’on ne comprend jamais…
Heureusement pour le film, il y aura toujours des gens pour se masturber à sa vision, pour dire qu’il parle « avec subtilité et sans pathos » (NO-COMMENT) du deuil, de l’Amérique, de la vie (peut-être de l'amour aussi tant qu'on y est ?). Je ne manquais vraiment pas de bonne volonté, mais ce que j’ai vu était au-dessus de mes forces. Déjà que ça me rend triste de voir un film qui ne provoque aucune belle émotion chez moi, mais alors là j’ai eu droit à ce qu’il y a de pire : un film qui agace, qui énerve, qui fait sortir dans un état de colère. Sans doute suis-je passé à côté de ce qui est pour moi « une coquille vaguement belle et surtout complètement vide ». Heureusement, l’année ciné n’est pas encore terminée et il reste des « vrais films » à voir, avec une histoire, des personnages, des émotions, des sensations. Allez, n’en parlons plus : on va faire comme si ce Putty Hill n’existait pas…
Film sorti le 7 septembre 2011
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