Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Les Acacias
PUSHER
Copenhague, Franck ,un type sympa et attachant, vend de la drogue après des années de prison. Il est accompagné de son accolyte Tonny avec qui il drague en boite et se défonce. Rapidement, Frank va tomber dans un cercle infernal après qu'un deal échoue et que la police l'arrête. Libéré mais endetté auprès de son fournisseur, il s'avance vers de gros problèmes.
Les histoires de dealers et de crimes au cinéma ne sont pas rares. Pour Pusher, le réalisateur nous propose de découvrir avant tout des hommes de ce milieu et leur psychologie et mode de vie. Dans ce premier volet, nous faisons ainsi la connaissance de Franck. C'est un chic type mais il a le don de se mettre dans de très mauvaises situations. Il n'a probablement pas de réelle intuition et ne percoit l'amour que lui offre son entourage. Il n'hésitera pas à mettre un terme à son amitié avec Tonny et à le tabasser à sang, il ne considèrera pas vraiment la possibilité de partir loin avec son amie prostituée. Par conséquent, on se dit que plus que de la malchance, les crasses qui lui tombent dessus sont aussi de sa faute, indirectement. Pusher premier du nom se suit très bien, le film possède un très bon rythme. On est immergé dans une semaine de la vie d'un dealer et le réalisateur montre sa vie de manière quasi-documentaire. Malgré une image d'assez basse qualité, on est scotché face à ce qui se présente devant nous. C'est noir, c'est triste mais c'est franchement passionant.
PUSHER 2
Pour le deuxième volet de la trilogie Pusher, nous retrouvons le personnage de Tonny qui nous avait bien fait marrer dans le premier chapitre avant de disparaitre suite à son altercation musclée avec Franck. Le film commence et l'on découvre que Tonny est en prison, il a été coffré à cause de la drogue, forcément. A peine relaché, il fonce voir son père pour lui demander un boulot. Le paternel accepte , on pourrait croire à une rédemption. Sauf que le père de Tonny organise des vols de voitures. Il parle de confiance et de règles mais son business est tout aussi illégal et dangereux que les deals de son fils. L'ironie est de mise.
Pour cette nouvelle histoire, le réalisateur n'utilise plus le procédé "une semaine dans la vie d'un personnage". Pusher 2 peut être davantage considéré comme une oeuvre de fiction même si les psychologies des personnages restent très creusées. Contrairement à Franck, Tonny cherche à recommencer sa vie. Il veut se sortir du cercle vicieux du deal mais peine à y parvenir. On pourra voir ce long comme un film plus sentimental et plus humain que les autres de la trilogie. Tonny doit faire face au rejet que lui témoigne son père, un rejet qui deviendra de plus en plus insupportable jusqu'à une fin surprenante mais inévitable quand on y réfléchit bien. Tonny doit également apprendre à devenir père : il a couché avec une prostituée sans préservatif et un enfant en est né. La maman en question est accro à la coke et totalement irresponsable. Comme pour Pusher 1, on rit, on est parfois consterné par les situations dans lesquelles se retrouvent les personnages mais on reste toujours fasciné. L'apothéose arrive avec un final plein d'espoir et un mot : "Respect".
PUSHER 3
Pour le dernier volet de la trilogie Pusher, le réalisateur a décidé de centrer l'histoire sur Milo, un personnage déjà présent dans les deux premiers chapitres. On l'avait vu proposer ses étranges gateaux à Franck et manipuler un ami de Tonny. Ce personnage inspirait la terreur, les ennuis. Il représentait aussi le haut de la hiérarchie de la drogue. On découvre avec ce nouveau film que Milo a ses propres problèmes : il se fait vieux et perd des parts de son marché, il doit contenter les besoins d'une fille pourrie gâtée, il essaye de se désintoxiquer.
Vous l'aurez compris : la trilogie Pusher n'a rien d'un roman Arlequin. C'est parfois très violent, noir, vulgaire mais c'est aussi très drôle, rythmé et bien joué. On enchaine les 3 épisodes avec passion et la vision des films achevée on se dit qu'on est face à une trilogie déjà culte avec des scènes d'anthologie.