Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Ad Vitam
Noir et blanc granuleux de pas très grande qualité, succession de scènes sans liens apparents : c'est perdu que se retrouve le spectateur lambda face à Avida. Plongés dans un univers barré et mystérieux, on ne comprend pas bien ce qui se passe durant les premiers plans de ce film surréaliste. On serait alors vite tenté de crier "N'est pas Bunuel qui veut !" Mais il ne faut pas cracher trop vite sur ce long métrage atypique. Il est certes difficile de rentrer dans le film, l'ennui peut s'emparer de nous dès les premières minutes mais cela vaut le coup de patienter. Car le premier tiers du film écoulé, Avida se révèle être un film aussi décalé qu'amusant et qui propose un très bon divertissement avec une sensibilité artistique véritable en plus.
L'histoire, elle, n'est pas facile à raconter car ça part un peu dans tous les sens : un sourd muet qui kidnappe le chien d'une bourgeoise obèse et sucidaire; deux cinglés qui se tirent dessus pour se droguer...C'est délirant ,c'est sûr, éprouvant parfois (la scène où le chien mort se fait fracasser est difficilement supportable), poétique (surtout à la fin). Il serait de mauvaise foi de renier la force de ce long métrage qui apporte beaucoup de fraicheur dans un cinéma français qui a tendance à être souvent conventionnel. Mais on ne peut en même temps pas faire l'impasse sur un manque évident de récit et le côté films à sketchs isolés. Avida se révèle être au final un film aussi brouillon que passionnant qui se fiche pas mal des règles du genre. C'est l'oeuvre de deux mecs qui ont un vrai sens de la créativité , un film prometteur quoique inégal. Les spectateurs avides de nouveauté seront servis.