Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Fox
Andy est une fille sérieuse qui rêve de devenir journaliste. Mais comme tout le monde le sait, il n'est pas facile d'accéder aux postes les plus prestigieux de la presse, surtout quand on vient à peine de sortir de ses études. Elle ose alors tenter un entretien pour le magazine de mode Runway alors qu'elle ne connait rien à ce secteur. Habillée de la manière la plus classique qui soit, elle se retrouve en état d'hallucination totale en voyant les gens paniquer à l'arrivée de la boss Miranda Priestly. Pourquoi tant de stress? Tout simplement parce que Miranda en tant que redac chef du magazine le plus influent de l'histoire de la mode fait régner la terreur autant qu'elle inspire le respect. Alors que tout le mond prend la présence d'Andy comme une blague, elle se retrouve employée comme seconde assistante. Ce n'est qu'un job alimentaire pour elle, la jeune fille ordinaire étrangère à ce milieu superficiel. Sauf que très vite elle va découvrir qu'être l'assistante d'une des femmes les plus influentes nécessite un engagement au-delà de l'imaginable. Cela incluant les heures sup et une vie dévouée au boulot au détriment d'un petit ami sexy mais simple cuisinier.
Dès le départ on se mange des clichés : la boss infernale ultra-vénérée et redoutée, la seconde assistante considérée comme une pauvresse sans style et grosse (alors que Anne Hattaway est on ne peut plus normale physiquement), la première assistante qui a l'Arc de Triomphe sur son PC parce que Paris c'est la ville la plus fashion et la plus cool... On pourrait directement casser le film et crier au navet. Sauf que David Frankel arrive à amener avec efficacité son adaptation du livre. Musique électro , décors classes et sophistiqués, montage soigné, scènes ultra-rythmées. Le côté superficiel et un brin caricatural est assumé et on ne peut lui reprocher de livrer un film léger qui rendra hystériques les fashion-addicts. Superficiel, oui c'est le mot. Mais cela ne résume pas le film pour autant qui met l'accent sur l'investissement dans un boulot qui à priori ne nous passionne pas mais qui progressivement se retrouve être le pilier de toute notre vie. Car Andy va bel et bien se prendre au jeu et se dévouer totalement au service de sa boss. Le réalisateur arrive à plonger le spectateur dans cet univers surfait mais malheureusement en fait parfois beaucoup trop.Du jour au lendemain, Andy change de look comme par magie. Depuis quans les assistantes se retrouvent-elles habillées gratos par tous les grands couturiers et peuvent piocher dans les collections du magazine comme bon leur semble ? Frankel amène cela comme si de rien n'était mais il faut bien avouer que c'est totalement surréaliste. Ce côté Pretty Woman parait un brin grossier. Et ne parlons pas de la virée à Paris avec tous les clichés types : Paris c'est romantique et magique, l'occasion de se taper un auteur aux allures de prince charmant. La fin elle aussi ne fait pas preuve de la moindre originalité et se conforte dans une idée moralisatrice plus Hollywood tu meurres!
Le Diable s'habille en Prada force les traits, montre des situations souvent improbables et n'apporte rien de neuf dans le rayon déjà bien rempli des comédies américaines. Pourtant, force est de constater que David Frankel tient parfaitement en haleine son public et livre un divertissement appréciable servi par des dialogues savoureux. C'est peut être comme ça qu'il faut prendre le film : comme un divertissement bien fichu, bourré d'artifices mais qui procure bien du plaisir. Pour un chef d'oeuvre on repassera plus tard.