Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Tadrart Films
Demester n'est pas le genre de gars à parler tout le temps et sortir des blaguounettes. Il est plutôt introverti et observe Barbe, une jeune fille de son village dans les Flandres. Ensemble, ils couchent de temps en temps dans la paille. Il n'est pas aveugle : il n'est pas le seul amant de cette jeune femme en devenir. Il se tait et accepte. Seulement voilà, l'appel de la guerre survient et Demester doit s'en aller. Il part en compagnie du nouvel amoureux de Barbe, Blondel. Les deux hommes se retrouvent plongés dans une guerre sans pitié tandis que dans les Flandres, Barbe attend jusqu' à en perdre le moral et laisser ses nerfs lâcher.
On comprend bien pourquoi Flandres a reçu un accueil chaleureux au dernier Festival de Cannes. L'image est très belle, le montage très propre, la mise en scène inspirée. On suit les errances des personnages dans des décors quasi-déserts représentants le vide qui les habite. Bruno Dumont filme une guerre sans y mettre de nom, il ne s'agit pas là d'un film de guerre mais plutôt un film dramatique avec une histoire d'amour naissante sur la fin.
Attention toutefois : Flandres est un film un brin casse-gueule. Les personnes non initiées à un cinéma contemplatif pourront rapidement se laisser emporter par l'ennui et ne pas se laisser aller à la découverte d'un film subtil et doté d'une réelle force. Il s'agit là d'un cinéma qui prend son temps, qui use de l'allégorie et dépeint les jours qui passent de gens largués mais auxquels on s'identifie totalement. Si le scénario n'a rien d'original (la fille s'ennuie, couche à droite à gauche et pète les plombs pendant que les hommes de sa vie risquent leur vie à la guerre), il permet néanmoins de montrer l'humanité dans sa plus grande simplicité et sa détresse.