Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Ad Vitam
Constance est Lady Chatterley, une belle jeune femme vivant dans un château. Un château ou règne le vide et l'absence de passion. Epouse fidèle et dévouée , ses plaisirs sont restreints. Sait-elle seulement ce qu'est le plaisir si l'on y réfléchit bien ? Une existence bien triste pour cette Lady en quête d'elle-même et de sa sexualité. Un jour, alors qu'elle se balade dans la forêt, elle fait la connaissance du garde-chasse du château. L'attirance physique est indéniable et après une légère hésitation, elle osera se laisser emporter par la passion et entamer avec cet homme mystérieux une relation aussi forte sur le plan sexuel qu'émotionnel.
Dieu que c'est beau et bien filmé ! Pascale Ferran nous offre pour son nouveau film des plans d'une beauté qu'on a rarement vu dans le cinéma français de ces dernières années. On a la sensation (justifiée probablement) que chaque plan a été minutieusement travaillé. Il en ressort une espèce de perfection absolument désarmante. Et si visuellement Lady Chatterley est beau, ce n'est rien face à la beauté de l'histoire racontée. Avec une pudeur et une tendresse extrême, Ferran creuse les sentiments et le désir de ses deux personnages principaux. Marina Hands et Jean-Louis Coulloc'h sont tout simplement formidables. Il est franchement impossible de ne pas craquer pour cette romance qui rime avec naissance du désir et de l'amour pour elle et renaissance tout court pour lui.
Filmer l'amour n'est pas chose facile, en parler sans tomber dans des dialogues trop sirupeux l'est encore plus. La réalisatrice évite tous ces pièges. Lors d'une scène magnifique où Constance et son garde-chasse sautillent sous la pluie dans le plus simple appareil, la grandeur du film s'impose définitivement. On sait que c'est grand, que c'est puissant. Cela nous frustre alors d'autant plus quand on se surprend parfois à s'ennuyer. Comment s'ennuyer face à tant de beauté? La réponse est simple : les silences, les plans contemplatifs ça peut très bien passer dans un film de moins de deux heures. Mais étalés sur 2h40, le spectateur a tendance à se laisser distraire par autre chose. Avec une narration parfois maladroite (la voix off à certains moments n'était pas une très bonne idée) , la durée du film est le seul problème de cette oeuvre pourtant importante. Les cinéphiles patients seront comblés par la manière de filmer les corps, l'intimité, la nature et passeront au bout du compte un très bon moment de cinéma.