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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Black Book : tous des traitres



Crédit Photo : Pathé Distribution


Pendant la seconde guerre mondiale, Rachel ,une jeune juive vivant en Hollande, doit fuir lorsque sa cachette est découverte. Malheureusement pour elle, l'évasion rate et toute sa famille et ses amis se font tuer. Unique survivante, n'ayant plus rien, elle intègre la résistance. Pour que celle-ci progresse, elle va aller espioner l'ennemi allemand en devenant la maitresse d'un nazi. Décolorée intégralement en blonde, elle s'apprete à venger ses proches et combattre l'idéologie d'Hitler.


La seconde guerre mondiale a été très souvent évoquée au cinéma. Paul Verhoeven y apporte une nouvelle dimension puisqu'il relate à la fois du conflit mondial mais en plus évoque la période qui a suivi la fin de la guerre et la barbarie des résistants envers les collabos. Dans Black Book, personne n'est tout blanc ou tout noir. Ainsi, un nazi peut très bien avoir un coeur et regretter ses actes et un résistant peut très bien être un traitre ou un véritable barbare. En évitant tout manichéisme, le réalisateur livre un film complètement paranoiaque et une histoire d'amour aussi improbable que convaincante. Comme Rachel, le spectateur ne sait plus trop où il va , à quel personnage se fier. Car tout le monde ici peut être un horrible traitre. La barbarie se répend comme un virus et personne ne semble apte à s'en protéger.


Ce qui est saluable chez Verhoeven ,c'est qu'il parvient à toucher à la fois un public cinéphile avec de très jolis plans et une belle réalisation mais il n'oublie pas le grand public pour autant. Black Book affiche 2h25 de durée mais on a l'impression qu'il ne dure que la moitié. Le charme de Carice Van Houten en action girl sexy, les rebondissements à gogo : on n'a pas le temps de souffler ! Son film a un côté blockbuster mais un blockbuster avec un vrai fond et des interprétations talentueuses.

Comme toujours, le sexe est présent. Verhoeven est connu pour aimer aborder la question. Ici, le sexe est un moyen de diversion, un moyen utilisé pour dominer l'homme, le tromper. A l'horreur de la guerre et la recherche de paix (intérieure comme extérieure) le réalisateur ponctue son récit de répliques brillantes et drôles. Tout est beau dans ce film qui parle de l'horreur humaine. Une horreur à en juger par la fin qui n'est malheureusement pas terminée. Qu'on se rassure, le talent de Verhoeven n'est pas éteint non plus. Black Book est un grand film.

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