Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Ad Vitam
Emmanuelle vit en banlieue, près de Paris. Son père est malade et finit par décéder. Elle se sent seule, s'éloigne petit à petit de sa mère. Cette dernière pense déjà à refaire sa vie tandis que sa fille n'arrive pas à faire son deuil et se perd dans une société consumériste à l'extrême. Pour montrer cet harcélement quotidien des marques, la réalisatrice filme parfois à outrance des Mac donald's et autres centres Leclerc. C'est un sujet qui lui tient à coeur et qu'elle avait déjà développé dans son court métrage, La cible. Mais ici est-ce que ce petit discours sur la société de consommation a sa place ? Au premier abord non, et on se demande où elle veut en venir. Mais quand on voit Emmanuelle qui vole de l'argent pour s'acheter des fringues chez H&M, que l'on réalise que se balader au supermarché est un des seuls moment de divertissement familial, la seule possibilité de rêver, s'amuser ou d'avoir, on comprend mieux ce que les marques viennent faire dans ce premier long métrage.
A défaut de s'approprier leur vie, les personnages essaient de s'approprier des choses. Cet aspect est relativement intéressant et bien mis en scène. Malheureusement, le film manque cruellement de rythme. On s'ennuie souvent et à force de voir le personnage principal tirer la tronche, on a nous aussi le cafard. Qu'on ne s'attende pas à de l'action : ici l'adolescence est un sale moment à passer, un passage à vide qui n'en finit plus. Il manque peut être à ce premier long des seconds rôles plus vifs et colorés, des émotions plus prononcées. Car au final, il parait assez fade dans son ensemble . Salim Kechiouche y fait une apparition éclair, on regrette de ne pas le voir davantage, surtout que le passage dans le club de vacances est cruellement drôle. Mais les hommes n'ont pas de place dans l'univers très féminin de Isabelle Czajka , ils sont plutôt représentés comme des porcs. Les femmes ne sont pas en reste : la maman jouée par Ariane Ascaride (très juste, comme d'habitude) est très artificielle. Nous sommes face à une ado en colère contre un peu tout le monde. Pour résumer, L'année suivante dispose d'angles intéressants qui susciteront quelques réflexions mais manque de charisme et de souffle. Dommage.