Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Films du Losange
Kristoffer est embauché par Ravn pour jouer le rôle d'un directeur. Jusqu'ici rien de surprenant. Sauf que ce rôle doit être joué devant les membres d'une société qui croieront que Kristoffer est vraiment leur directeur. Explications : il y a des années, Ravn décidait de montait sa propre entreprise. Mais il ne voulait pas prendre trop de responsabilités, être détesté de ses employés quand il serait amené à prendre des décisions délicates. Alors il a fait comme s'il n'était qu'un employé comme les autres , une sorte de collègue porte parole auprès d'un directeur toujours en voyage. Mais ses collègues ont fini par se lasser de ne jamais voir leur boss, Ravn a donc décidé de pousser le vice en engageant Kristoffer. Ce dernier va devoir faire face à de nombreux reproches et tenter de rendre son personnage le plus convaincant possible.
C'est un personnage en or que celui de Kristoffer qui est offert à l'acteur Jens Albinus. Acteur méticuleux mais maladroit, fan de Gambini un homme de théâtre imaginé par Lars von Trier et qui ferait un travail très expérimental. Décalé, hilarant, ce personnage nous traine dans l'univers de l'entreprise et ses monstrueux paradoxes. Bienvenue dans un monde où l'on communique virtuellement, où l'humain est un produit dont on se fiche, où pour avoir l'estime de tous, le mensonge est roi. Notre réalisateur danois préféré livre ici donc une comédie tout à fait réjouissante, drôle et intelligente. Tout en étant comme à son habitude assez critique. Von Trier est connu pour son Dogme, pour livrer des oeuvres audacieuses. Sa comédie n'est donc pas , comme on pouvait s'y attendre, stéréotypée et commune. Il joue au mauvais cinéaste en employant un montage discutable et emploie une façon de filmée robotisée par exemple. Il joue également avec les codes du genre et s'adresse parfois directement au specateur en l'invitant à analyser les ressorts éculés de films souvent très formatés. Optant pour un récit de plus en plus absurde , il n'oublie pas non plus de servir des seconds rôles bien travaillés et de dresser le portrait d'un système capitaliste destructeur. Ah si toutes les comédies étaient si fines...