Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Pyramide Distribution
Il y a pour commencer Keren qui vient de se marier et qui rêve d'une lune de miel aux Caraïbes. Pas de chance : elle va se retrouver une jambe dans le plâtre , dans un hôtel assez moyen niveau confort. Oui, elle a un mari qu'elle aime. Mais ils n'ont pas grand chose à se dire et la solitude à deux est parfois pire que tout. Ensuite il y a Batya , une serveuse qui vit bien modestement malgré une mère pleine aux as qui organise des évènements caritatifs (s'occuper des autres pour son image oui, mais pour ce qui est de sa famille...). Un jour au bord de la mer, Batya découvre une petite fille. Ce petit bout de chair ne parle pas et possède un regard hypnotique. D'où vient-elle ? Que symbolise-t-elle ? Enfin il y a Joy, une philippine qui galère pour trouver de l'argent afin de rentrer voir sa fille et peut être lui offrir une vie décente. En attendant, elle s'occupe de personnes agées. Trois portraits de la solitude, auxquels viennent se greffer d'autres âmes en peine pour un film choral dramatique qui joue sans complexes la carte de l'émotion.
Les méduses a tout pour séduire le spectateur. Une jolie petite musique, des personnages au regard si triste qu'on a envie de les adopter au bout de deux minutes, des plans très soignés, une certaine maitrise. Durant moins d'1h20, le film bénéficie d'un excellent rythme , offrant aux cinéphiles autant de scènes contemplatives comme très riches en émotion. Le duo de réalisateurs a eu envie de jouer la carte de l'onirisme. Ces méduses ne lésinent donc pas sur les effets poétiques sensés nous prendre aux tripes. Ce désir de toucher et de faire rêver le spectateur, intention très honorable, se fait peut-être trop sentir. Certains moments semblent ainsi manquer légèrement d'authenticité et au final nous nous retrouvons devant un mélo pour le moins balisé. Mais les personnages sont si touchants, tous blessés par la vie, leur entourage, et cela injustement, que l'on se laisse aller et on ressort tout de même assez conquis. Les soupes inspirées font parfois du bien.