Le film s'ouvre sur notre fameux Richard O.(Mathieu Amalric, toujours prêt à dégainer) qui repart d'un bar en charmante compagnie. Sa partenaire lui demande "simplement" de la violer pendant son sommeil. Mais Richard se contente de la toucher un peu et de la filmer. Enragée et frustrée que son partenaire n'ait pas daigné réaliser son fantasme, la demoiselle se met à le frapper. Et sans faire exprès, elle le tue. Qui était cet homme ? Quel fut son parcours ? Tout le film va satisfaire notre curiosité. Richard O. est un artiste qui travaille avec un certain "Le grand" (Stéphane Terpereau), un mec au physique franchement pas avantageux et à l'air bête. Mais de son regard émane une sorte de naïveté touchante. Il ressemble à une espèce d'animal étrange. Et quand on y pense bien, les hommes du film de Damien Odoul sont tous des animaux. Des singes, des bêtes en rut. Le grand trouve des femmes aux fantasmes bien coquins (se faire insulter, violer, humilier) et Richard, en grand seigneur,s'occupe de satisfaire leurs désirs.
Sous le soleil de Paris, les corps luttent les uns contre les autres, sans aucune gêne, avec un plaisir partagé. L'histoire de Richard O. n'est pas vraiment un film sensuel étant donné les ébats très poussés des protagonistes. Le réalisateur parvient tout de même a transmettre la notion de plaisir sans aucune culpabilité malgré des situations un peu dégradantes à priori pour les femmes. Le film dure 1h15 et il semble que ce format soit totalement adapté , l'oeuvre mêlant des passages intéressants et cocasses à des plans et des dialogues plus intellos et plombants. Nous sommes face à un joyeux bordel, plein de petites maladresses mais plutôt agréable et charmant. Il faut dire que comme à son habitude Mathieu Amalric se donne à fond dans son rôle et fait preuve d'une générosité qui force le respect. Mais de là à dire que L'histoire de Richard O. est burlesque et poétique il y a un monde. Lorsque le scénario se prend trop au sérieux, on commence en effet à s'ennuyer légèrement (idem lorsqu'on essaie de nous faire aimer à grands coups de marteaux ce personnage étrange du Grand). Heureusement, voilà une oeuvre qui ne manque pas d'audace, de soleil, de légèreté et qui accompagne avec une jolie musique des plans culottés. Toutes les femmes n'apprécieront pas forcément la démarche mais ces messieurs en auront sûrement pour leur argent...