Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Rezo films
Eliane (Emmanuelle Devos) vit difficilement son entrée dans la quarantaine. Dans sa vie de tous les jours elle est institutrice. Un boulot qui ne la passionne pas plus que ça. A la maison elle est maman et épouse. Elle ne prête pas vraiment d'intérêt à sa fille et devient une femme de plus en plus distante avec Sylvain (Gérard Darmon), son mari. Pourquoi ? Car dans sa tête, Eliane est encore une enfant. Elle aime se réfugier dans son imaginaire et écrire, inventer,raconter, dans ses petits carnets. Eliane rêve d'être écrivain. A une soirée de dédicace , en croisant une femme qui a réussi dans ce milieu, elle a le déclic. Elle envoie des manuscrits et petit à petit la chance arrive. Elle croise le chemin de David Klein (Jocelyn Quivrin), un jeune éditeur qui l'avait remarqué à la soirée de dédicace. Il lui donne sa chance, Eliane est alors confrontée à un rêve qui se réalise,à de nouveaux choix. Elle va tenter de réconcilier sa vie rêvée et sa vie réelle.
Lorsque l'on lit les critiques presse parues autour de ce premier essai, le mot qui revient est "mineur". En effet, Deux vies plus une est un film d'une grande simplicité, sur le quotidien d'une femme confrontée à la crise de la quarantaine. Les scènes se succèdent , faites de petits riens, portraits de personnages loin d'être extraordinaires. Mais non ce n'est pas forcément mineur pour autant.Dans les intérieurs d'appartements parisiens à l'ambiance tamisée, dans les quartiers bobos ou populaires, on suit Emmanuelle Devos dans la peau de cette Eliane tourmentée. Les premières minutes sont éprouvantes : les scènes de famille très bruyantes nous aident bien à comprendre le stress et la vie pénible ,bien que sans drame, que mène l'héroine. Idit Cebula a beaucoup de respect pour chacun de ses personnages mais n'hésite pas à les confronter face à leurs contradictions. Eliane se cherche, elle veut être bien dans sa peau et dans sa vie. Elle le fait sans penser à sa fille ou son mari. Cet égoisme ressenti par son entourage ne semble pas trop l'atteindre tant sa pratique solitaire de l'écriture lui apporte du bonheur.
Idit Cebula filme les gens, aiment les gens. Tous les personnages sont à leur façon doux et attachants, les plans sont peuplés de souvenirs. La mise en scène est sobre, les couleurs correspondent bien à celles auxquelles on pourrait s'attendre pour un film de fille. Mais là où Deux vies plus une s'envole, c'est lors des scènes entre Eliane et David Klein. L'alchimie est là entre Devos et Quivrin. Ce dernier est juste impeccable et déborde de charme. Plongés dans cette tranche de vie on ne peut plus touchante, on ressort de la salle avec une sensation de légèreté. Il n'est pas facile de reprendre sa vie en main, peut-être Eliane ne sera jamais vraiment tranquille mais il y a des moments où elle sera aussi vraiment heureuse...Nous on l'est face à cette sucrerie française.