Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : ABC
Adaptation libre du soap Le destin de Lisa (lui-même adaptation d'un soap colombien) , Ugly Betty surpasse son modèle dès le premier épisode. Car le duo America Ferrera / Eric Mabius fonctionne bien et surtout car les seconds rôles constituent simplement ce que le show a de meilleur.
Mais de quoi ça parle Ugly Betty ? Il s’agit de la vie de Betty (America Ferrera), une jeune fille d’origine hispanique qui vit avec son père, sa sœur et son neveu dans une petite maison en banlieue. Betty rêverait d’être journaliste et de vivre d’articles engagés et passionnants. Par le plus pur des hasards elle va finalement se retrouver engagée comme assistante de Daniel Meade (Eric Mabius), rédacteur en chef de Mode (équivalent fictif de VOGUE) . Notre jeune héroïne découvre alors un milieu particulièrement superficiel et vicieux où chacun ne vit que pour son apparence et sa carrière (côté le Diable s’habille en Prada revendiqué). Betty va donc devoir s’adapter et cela ne va pas être évident…Car Betty est particulièrement moche (fil dentaire terrible et style vestimentaire catastrophique).
Elle va devoir lutter pour trouver sa place et surtout faire preuve de courage et d’audace pour protéger Daniel, son patron. Ce dernier a en effet hérité du poste de rédacteur en chef juste parce qu’il est le fils de Bradford Meade (qui détient Mode et bien d’autres supports). Son statut de fils à Papa irresponsable lui vaut la jalousie de tous et en particulier de la très ambitieuse Wilemina Slater qui rêve depuis toujours d’être rédactrice en chef. Pour y parvenir, cette dernière est prête à toutes les manipulations, aidée de son assistant so gay, le délirant Marc. Ce dernier partage une relation amicale avec Amanda, la standardiste du magazine qui rêve à la fois d’être la copine officielle de Daniel Meade, de monter en grade et de garder la ligne (chose peu évidente puisqu’elle se gave de sucreries colorées dès qu’elle est déprimée). Tout ce petit monde (auquel se rajoute bien d’autres personnages) se prépare à vivre des intrigues inattendues et gonflées, superficielles et riches en émotion.
Ugly Betty est le genre de séries qui peut vous rendre rapidement accro. Car il s’agit là d’un show très coloré et divertissant, drôle, amusant…On a juste l’impression de se vider la tête à chaque fois que l’on regarde un épisode. Peuplé de personnages attachants et hilarants et bénéficiant de répliques souvent acides ou délicieuses, voilà un spectacle haut en couleur et de qualité. Ugly Betty semble ne jamais se prendre au sérieux et assume à 200% son rôle de soap dont les retournements de situation se font de plus en plus étranges, de plus en plus grotesques.
Plus la saison passe et plus on s’attache aux seconds rôles , souvent plus croustillants et insolents que le duo Betty/Daniel. La faiblesse de la série est sa tentation de parfois vouloir aller vers l'émotion, d’être plus qu’un divertissement (relation de Betty a son père, thème de l’immigration). Cela fonctionne rarement et gâche un peu le rythme. Mais là je chipote tant cette série est un bonbon acidulé dont on adore se goinfrer.
Une première saison donc très encourageante pour ce qui constitue une des comédies les plus sympas et attachantes des dernières années. Un ultime plaisir coupable !