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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Le voyage du ballon rouge : Paris lumineux


Crédit Photo : Bac Films


Suzanne (Juliette Binoche), une parisienne marionnettiste, engage une nouvelle baby-sitter pour son fils Simon (Simon Iteanu). Elle s'appelle Song (Song Fang), est taiwanaise et étudiante en cinéma. Alors que la maman répète son spectacle et se chamaille avec certains habitants de son immeuble, nous découvrons le nouveau quotidien de Simon en compagnie de sa timide nounou. Des moments de vie simples, des absences muettes mais profondes, de l'amour et de la rancune...Et ,là haut dans le ciel, un ballon rouge qui flotte.

Je l'avoue : les premières minutes du film ont été pénibles pour moi. J'avais très peur. Car je retrouvais la fâcheuse habitude du réalisateur qu'est celle de faire des plans-séquences certes beaux mais interminables et accumuler les séquences sans paroles et à pure vocation esthétique. Cette étudiante qui parle à deux à l'heure, ces dialogues à priori complètement insignifiants...Et pourtant, ces premières inquiétudes passées, je me suis laissé séduire par le Paris ensoleillé que filme Hou Hsiao Hsien. Un Paris où trainent les fantômes de Simon et Suzanne (mari absent, grande soeur qui ne souhaite pas rentrer) mais aussi les souvenirs de La nouvelle Vague. La caméra amoureuse du réalisateur nous fait redécouvrir des lieux magiques de la capitale et y insuffle une poésie, une chaleur que l'on espérait plus.

Et si les séquences faites de banalités s'enchainent , elles ne manquent pas de charme puisqu'elles sont complètement transcendées. Dans ce modeste appartement, nous vivons avec Suzanne et son monde , avec ses moments d'affections, ses pétages de plombs (souvent mis en scène non sans sarcasmes) et ses moments de doutes. Au final, il émane de ce film une tendresse assez inouie, il émane des sentiments, des sensations aussi simples qu'essentielles. La tendresse d'une baby sitter pour un petit garçon, le partage de la culture et des souvenirs (lorsque Suzanne offre sa vieille carte postale au marionnettiste), le plaisir de voir sa mère rentrer à la maison avec de nouvelles histoires et cadeaux. On finit par s'attacher à tout ce petit monde. Mais que l'on ne s'y trompe pas : si en apparence le dernier film de Hou Hsiao Hsien semble bourré de charme et de luminosité, il est aussi le portrait d'une société qui tend à se désolidariser. Les histoires de sous vont faire valser le quotidien de Suzanne et la brouiller avec un ami, les relations entre adultes sont bel et bien très compliquées, des êtres chers manquent beaucoup. Il y a une telle sincérité, un tel naturel dans cet objet cinématographique de toute beauté qu'on lui pardonnera volontiers ses un peu trop nombreuses longueurs.

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