Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Gaumont Distribution
Louis Schneider (Daniel Auteuil) est ce qu'on appelle un mec paumé. Flic au SRPJ, son quotidien est rythmé par des découvertes de macabés et des enquêtes qui font la part belle aux psychopathes en tous genres. Suite à un drame qui ,semble-t-il, a coûté la vie de sa fille et détruit celle de sa femme (désormais handicapée), Schneider n'a trouvé de refuge que dans l'alcool. Son meilleur ami s'appelle JB et il en a toujours une bouteille dans la poche avec lui. Alors forcément, lorsqu'il mène l'enquête notre ami est plus susceptible et sensible aux dérapages que ses autres collègues. Plusieurs fois menacé d'être expulsé, il va mener en solo ,et avec toutes ses qualités qui lui ont permis par le passé de résoudre des affaires complexes, une nouvelle enquête sur un malade qui torture des jeunes femmes après les avoir violées. Parallèlement à cette enquête , nous suivons le quotidien de Justine (Olivia Bonamy), une jeune femme traumatisée par le décès de ses parents , victimes d'un serial killer. Le serial killer en question est justement sur le point d'être relâché pour bonne conduite...
Noir c'est noir. Dès les premières minutes Olivier Marchal instaure un climat 100% dépressif à son film et nous découvrons un Daniel Auteuil crade, bourré, complètement au bout du rouleau. La scène d'introduction dans le bus, où le personnage de Schneider contraint le conducteur a faire demi-tour pour le ramener chez lui sous menace armée, est déjà un moment d'anthologie. On salive. La suite sera formidablement rythmée et fera la part belle à une équipe de comédiens habités. Contrairement à ce à quoi l'on pouvait s'attendre, l'intention d'Olivier Marchal n'est pas de nous faire poiroter pour que l'on découvre la vérité sur l'enquête avec un possible twist. Ce qu'il veut c'est plutôt suivre le récit d'une enquête avec un regard documentaire, montrer à quel point le milieu dans lequel baigne Schneider est glauque et peut briser des vies. Le suspense tiendrait donc plus dans le fait de découvrir si ce brave mec qui est tombé dans l'alcool trouvera la paix, parviendra a vivre à nouveau. Et aussi en parallèle de connaitre l'issue des destins croisés de la jeune Justine et du serial killer supposé repenti.
Plongé dans la crasse pendant plus de deux heures, le spectateur découvre un film aussi dynamique que noir. C'est sur ce point que l'on pourrait se lancer dans quelques reproches. Alors que le scénario est glauque et que l'intention de faire ressortir la "merde" (n'ayons pas peur des mots) dans laquelle baigne chaque personnage est palpable, la réalisation se fait un peu trop clinquante. Très moderne, avec une photographie léchée de chez léchée, des décors qui sentent le studio à des kilomètres, ce parti pris esthéthique se discute et gâche un peu le plaisir d'une oeuvre qui aurait gagné en jouant davantage la sobriété. Tant qu'on y est on pointera du doigt certains dialogues un peu clichés et qui sonnent faux (mais ils sont très rares). Mis à part ces quelques défauts de style, MR 73 s'avère être un projet ambitieux et qui tient la route. Avec un scénario culloté (à l'image de sa fin gonflée) et un vrai regard de cinéaste. Un film tout public convaincant.