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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Souvenirs du festival de Deauville 2008

Invité par Allociné au week end de clôture du 34e Festival de Deauville, je me suis retrouvé à la gare Saint Lazare de Paris le Vendredi 12 septembre 2008 vers 18h. Dans le train nous menant vers Deauville/Trouville, je converse un peu avec Gonzague (« blogueur star » du web fréquemment sollicité pour des opérations évènementielles) et Mathieu (du blog Cinéshow, un des plus lus de la plate-forme Allociné). Nous parlons de nos blogs respectifs, de nos occupations professionnelles, nos derniers films vus et concerts…

 

Arrivée à Deauville vers 20h30 où « Eric d’Allociné » et Brice (chargé de publication du blog Through My eyes) nous attendent. On dépose nos affaires dans l’hôtel Première Classe  de Touques et nous sommes invités à manger dans un restaurant à Trouville. Avant d’aller diner, Eric nous propose une balade dans Trouville. Les rues sont désertes, il fait un peu froid mais un certain charme opère. Nous apprenons que nous avons quartier libre pour le week end et que nous n’avons aucune obligation vis-à-vis d’Allociné. Seul hic : aucun accès à des ordinateurs. Je n’ai pas d’ordi portable donc pas moyen de profiter d’un hypothétique Wi Fi et je n’ai pas d’adresse de cyber café. Pas de blog pour le week end donc, snif.


Après le restaurant nous rentrons à l’hôtel. Il va être « seulement » 23h et tout le monde va se coucher. « Aïe » je pense dans ma petite tête, moi qui suis particulièrement insomniaque. Dans ma chambre d’hôtel je profite donc de la télévision. Ca doit bien faire un an que je ne l’avais pas regardée (j’ai volontairement débranché l’antenne de chez moi, soucieux de ne pas me laisser envahir par certains « programmes poubelles »). D’abord réticent face à cette nuit solitaire, je prends progressivement beaucoup de plaisir à zapper. Je tombe sur la nouvelle version de Sans aucun doute qui ne manque pas de susciter mon effroi (faire pleurer des gens en direct doit probablement faire grimper l’audimat mais ça devient vraiment grave, non ?), je zappe ensuite sur Georgia Rule (un film avec Felicity Huffman et Lindsay Lohan !), je me gave de clips et rigole face à la présentatrice de nuit de M6 qui fait tout ce qu’elle peut pour amener les téléspectateurs à appeler un numéro surtaxé. Entre deux chaines, je fume ma cigarette devant l’hôtel en contemplant la vue sur le Buffalo Grill dont la lumière rouge agressive vient de s’éteindre. Je commence à rigoler tout seul, m’imaginant dans un thriller ou un film de série B, dans cet hôtel/motel désert et silencieux. Résultat : je me couche vers 5h du matin alors que le lendemain nous avons rendez-vous à 10h30.

SAMEDI

Réveil un peu difficile, la « tête dans le cul » comme on dit. Je prends mon petit déjeuner dans une petite pièce de l’hôtel et surtout me shoote au café pour tenir éveillé pendant les projections. Je retrouve mes copains de festival pour aller au premier film de la journée. Et autant dire que ça commence très fort avec Towelhead, film de Alan Ball (scénariste de American Beauty et créateur de Six Feet Under). Un superbe film sur l’éveil sexuel d’une adolescente et ses relations houleuses avec son père. Dans la grande et belle salle du CID, les gens applaudissent en masse alors que Carole Bouquet tente de fuir incognito de la salle, masquée par ses lunettes de soleil. Je suis content de constater que tout le monde aime le film et nous allons déjeuner avant la prochaine projo.

 

On met du temps pour trouver un resto et moi qui hésitais entre aller voir La vie devant ses yeux ou Ballast, j’opte finalement (je pense à tort) pour le premier. Le film est basé sur un scénario un peu couillon qui vient gâcher quelques bons moments dûs au talent d’actrice d’Evan Rachel Wood. Réactions mitigées à la sortie. Alors qu’avec Gonzague nous cherchons le Morny Club où aura lieu notre prochain film, une vieille dame nous aide à nous orienter et nous demande notre point de vue sur le film que nous venons de voir pour lequel elle n’est pas certaine d’avoir compris la fin.

 

Nous retrouvons notre chemin et sommes à l’heure pour aller voir Sunshine Cleaning. Par les producteurs de Little Miss Sunshine, le film est un vrai délice entre drame et comédie qui nous montre qu’Amy Adams (vue dans Il était une fois) est une actrice à suivre. Alors que Gonzague décide de souffler un peu, je me précipite sur le film suivant (juste le temps de fumer une cigarette entre les deux) : American Son. Gonzague a eu raison de prendre l’air, ce n’était pas un film indispensable. Coup de foudre d’un garçon black quatre jours avant d’aller faire la guerre en Irak, le film est « sympa sans plus » et pas aidé par un duo d’acteurs principaux pas forcément charismatiques.

 

Le soir nous sommes invités à la Première de Appaloosa. J’ai un peu peur d’annoncer aux autres que je ne veux pas y aller (je ne suis pas fan des westerns) mais heureusement mon collègue Gonzague ne semble pas emballé non plus. Nous allons donc ensemble voir à la place Smart People. Film sympathoche avec Sarah Jessica Parker et une géniale Ellen Page en intello vacharde.  A en juger par les réactions des gens à la sortie de Appaloosa, nous n’avons rien manqué, tout le monde étant assez mitigé.


Cinq films en un jour, la fatigue me gagne enfin. Du moins, je le crois. Rentré dans ma chambre d’hôtel, je tombe sur la deuxième partie de Little Children. Je me souviens que j’avais bien aimé le film mais que la fin (moralisatrice) me choquait. Sentiment confirmé après une deuxième vision. Je zappe, je fume, je zappe, je fume. Je tombe sur Christophe invité chez Ruquier qui chante en direct Les mots bleus (vous savez, ces trucs qu'on dit avec les yeux) et ça me donne envie de pleurer. Il chante faux et Ruquier s’est permis de lui faire remarquer que c’était un sacré alcoolique. C’est triste. Je tombe enfin sur Naissance des Pieuvres, un de mes films préférés de 2007. Je regarde jusqu’à la fin même si j’ai chez moi le DVD et que je l’avais déjà revu. Après 7 films je m’endors, il est 4h.

DIMANCHE


Dernière journée au festival. Nous attendons Gonzague sur le parking de l’hôtel, il est en retard car il se sèche les cheveux. En l’attendant, mes camarades me chambrent sur mon intérêt pour les films à thématique un peu borderline (la veille je m’étais permis d’affirmer que la relation de l’adolescente dans Towelhead n’était pas vraiment de l’ordre de l’abus sexuel). Tout le monde est là, nous montons dans la voiture et nous nous préparons pour les projections restantes. Avec Mathieu et Gonzague nous allons voir Gardens of the night (traduit Les Jardins de la Nuit en français, si besoin de le préciser). Très beau et sensible film sur la pédophilie qui n’est pas sans rappeler Mysterious Skin. A la sortie je croise ma Cinémaniac préférée, Camille. Nous allons boire un verre à côté des planches et parlons cinéma. Et oui, les blogs ça permet de faire des rencontres sympas aussi. Il me reste une heure avant le film suivant, j’en profite pour me balader un peu dans la ville. Les planches, la mer, ça a un côté assez romantique. Le festival est assez désert, il semble que le manque de stars et le remplacement de Canal Plus par Orange en a découragé certains. Ce n’est pas un mal pour moi, je profite de la quiétude des lieux et m’offre une belle parenthèse de détente et de cinéma. Je demande à une passante de me prendre en photo avec mon appareil tout cheap, je suis happy (un peu de soleil et des films, il m’en faut peu pour être heureux).

 

J’enchaine donc ensuite avec le dernier film de mon week end festival. Il s’agit de The visitor (ça tombe bien, c’est le film qui allait avoir le grand prix). Je loupe quand même les 5 premières minutes car il y avait la queue pour aller aux toilettes (une seule cabine pour des centaines de personnes, forcément). The visitor est en effet un très beau film sur la rencontre d’un vieux garçon et d’un couple de sans papiers. Le film fini, nous passons à la boulangerie avec Gonzague et attendons le retour des autres qui sont partis voir Afterschool. Ils reviennent très déçus, il faudra que je revois le film (je l’avais vu à Cannes, j'avais trouvé ça pas mal mais il s’était un peu retrouvé noyé dans la masse de films de la journée).Nous rentrons tous ensemble pour Paris et conversons dans la voiture. Comme toujours après un festival, le retour à la réalité est un peu difficile.

 

Au final de très bon films, une belle escale, des rencontres sympas. Merci beaucoup à Eric Chaurial de nous avoir invités pour ce week end charmant et dépaysant et d’avoir été aussi sympa et disponible.

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