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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Comme des voleurs : à la recherche des origines polonaises


Crédit Photo : Epicentre Films


Lionel (Lionel Baier) est un écrivain en légère panne d’inspiration. Il est en ménage avec son petit ami Serge (Stéphane Rentznik) et entretient une relation fusionnelle avec sa sœur, Lucie (Natacha Koutchoumov). Mais voilà que subitement Lionel se met en tête de revenir à ses lointaines origines polonaises. Complètement obsédé par cette partie de son identité, il change du jour au lendemain tout son quotidien. Apprentissage de la langue, rencontre fortuite avec une polonaise sans papiers qu’il décide d’épouser…Alors qu’il renie son homosexualité et plus globalement son identité d’homme suisse, sa sœur décide de le faire réagir. Pour cela, elle l’entraine sur la route de la Pologne. Ils partent tous les deux, entre frère et sœur , comme des voleurs à la rencontre de l’Est. Un voyage au cœur des racines, fait de péripéties tragi-comiques et de rencontres essentielles…

Un budget dérisoire, une équipe technique archi réduite, une petite caméra en main, Lionel Baier s’inscrit comme un cinéaste aventurier comme on en voit peu de nos jours. A la fois réalisateur, scénariste et acteur principal de son film (le personnage porte d’ailleurs son nom), il livre une œuvre délibérément libre et qui joue sur sa forme entre documentaire et fiction. Si l’on peut être un peu frileux sur la liberté de jeu des acteurs et certaines maladresses, force est de constater qu’au final l’émotion et la sincérité du projet emportent tout sur leur passage. Récit de deux quêtes identitaires qui se font écho (celle de Lionel puis de sa sœur Lucie), Comme des voleurs est un film intimiste mais surtout un film qui nous fait voyager et qui prône un certain humanisme.

Au narcissisme parfois démesuré de son personnage principal se mêle pour notre plus grand plaisir des joutes verbales entre frère et sœur et un humour bien venu. On est là dans un cinéma du tendre, face à un cinéaste qui aime ses personnages et parvient à en tirer le meilleur. On retrouve ainsi avec joie Natacha Koutchoumov, déjà aperçue dans le premier long-métrage de fiction du réalisateur, Garçon stupide (un film que je vous conseille vivement, très brut de décoffrage). Un cinéma chaleureux, authentique, qui fait de ses contraintes budgétaires un atout : Comme des voleurs est une vraie découverte.


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