Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Changement de style pour Sean Ellis. Exit le teen movie atmosphérique et rêveur de Cashback , place au film de genre. Si The Broken est une œuvre dénuée de second degré, on retrouve tout de même la « patte Ellis », photographie ultra léchée et esthétisme prédominant. C’est d’ailleurs l’atout majeur de ce nouvel opus, gris et assez glacial. Montage alambiqué, sensation de paranoïa, ambiance lynchienne : The Broken ne fait pas spécialement d’efforts pour se rendre accessible à son spectateur, pour se faire aimer. Soit on décide d’y entrer et de suivre les déambulations de son héroïne, soit on reste de côté tout le long. Il serait dommage d’appartenir à la deuxième catégorie tant cette œuvre peut se révéler passionnante par moments. Sorte d’hommage au film d’horreur et au cinéma de genre dans sa globalité (difficile de ne pas penser à Psychose ou Shining pour n’évoquer que les citations les plus évidentes) , le nouveau bébé de Sean Ellis multiplie les plans de miroirs, de douche, prend un malin plaisir à voir son personnage se perdre.
Si on ne peut que reconnaître certains excès dans la forme (flashbacks répétitifs et parfois vains, tendance à succomber à la pose) , force est de constater que le réalisateur parvient à instaurer une forte tension en ne montrant que très peu. Et si son scénario se révèle moins explosif qu’annoncé, il constitue un exercice de style maitrisé et assez savoureux. Je l’avoue, malgré le nombre conséquent de films que je visionne chaque semaine, je reste un spectateur assez naïf. Et le twist final a complètement fonctionné sur moi. J’aime les films qui nous plongent dans l’inconnu, qui se révèlent anxiogènes. C’est le cas pour The Broken et oui, je vous le recommande.