Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : UGC
Dans une banlieue industrielle, au Canada, l’existence de Josh (Maxime Dumontier) va être profondément bouleversée. Ses quatre meilleurs amis sont retrouvés morts suite à des actes suicidaires. Alors que les parents souffrent, que l’entourage de Josh cherche des explications, le jeune adolescent préfère se renfermer sur lui-même. Comme on pouvait s’en douter, il va avoir bien du mal à affronter cet évènement tragique et à mener une vie normale. La seule personne avec qui il passe du temps et échange, c’est Mia (Chloé Bourgeois). L’ex d’un des garçons qui s’est suicidé. Mais une relation est-elle possible dans ce contexte on ne peut plus dépressif ?
Oublions déjà la référence à Gus Van Sant. Everything is fine parle d’un ado qui passe du temps au skate park mais le réalisateur Yves Christian Fournier a son propre style. Poésie des plans, ambiance dépressive et sensibilité constante font de Everything is Fine un portrait juste d’une certaine adolescence. Le pari était pourtant loin d’être gagné. En effet, il faut une petite dizaine de minutes pour bien rentrer dans ce long-métrage. Je ne sais pas vous mais moi il me faut toujours un petit temps d’adaptation avec le format canadien. Car j’ai l’impression de bien comprendre ce que les acteurs disent sans les sous titres mais à un moment je m’y perds. Finalement accroché aux sous-titres sans complexes, je me suis enfin laissé imprégner de cette ode au désespoir adolescent.
Au cœur d’Everything is fine, Maxime Dumontier, l’interprète de Josh. Un jeune skater aux allures de minet filmé avec une envie indéniable par le réalisateur. On le voit ainsi à de multiples reprises torse nu quand la caméra ne s’attarde pas sur son postérieur. Heureusement, l’acteur dispose d’une belle palette de jeu et parvient tout à fait à nous faire ressentir la détresse intérieure de son personnage en pleine descente. Ce que l’on ressent à la projection de Everything is fine est une émotion particulière. Le film n’est pas plombant, évite majoritairement le pathos. On pourrait dire que face aux images on se sent comme après une grosse crise de larmes. Les images sont là, la vie continue, mais plane une sensation étrange, une fausse quiétude qui dérange. Josh est là sans être là. Si le scénario ne cherche pas à faire dans l’originalité, il évite d’être trop explicatif et laisse à l’acte suicidaire tout son mystère. Au final un portrait d’ado sous tension réussi et touchant.