Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédits photos : Showtime
La première saison de Californication s’achevait de façon très romancée, voire spectaculaire; l’indécise Karen (Natasha McElhone) décidant de partir de son mariage pour retourner dans les bras de son premier amour et père de sa fille Becca (Madeleine Martin), l’écrivain Hank Moody (David Duchovny). La saison 2 s’ouvre donc sur ce couple reformé. Et devinez quoi ? Ca tourne rapidement au vinaigre. On s’en serait douté, Hank Moody ayant pris l’habitude d’une vie de célibataire faite de soirées endiablées, substances diverses et coups d’un soir. Il aime Karen mais comme un adolescent et multiplie les erreurs, revenant toujours avec sa tête de chien battu. Le chemin de la maturité n’est donc pas achevé pour notre séduisant vilain garçon. La saison 2 sera ainsi l’occasion d’assister à un nouveau chassé croisé amoureux entre Hank et Karen sous le regard souvent incompris de leur fille Becca.
La grande nouveauté de la saison est l’arrivée d’un personnage secondaire charismatique : Lew Ashby (Callum Keith Rennie). Une rock star qui propose à Hank de plancher sur sa biographie. Toujours défoncé, Ashby est une sorte de double de Hank, en pire. Inutile de préciser qu’il va le trainer dans des situations rocambolesques. Mais Hank et Lew ne partagent pas seulement le même goût pour l’art et la déchéance. Comme Hank, Lew a une âme sœur, une femme qui s’est remariée et aujourd’hui l’a oublié. Comprenant bien qu’il tient là le point faible de son employeur et ami, Hank va creuser l’affaire et rencontrer cette femme mystérieuse. Et comme on le connaît, il va rapidement être tenté par cette proie par nature interdite. Mais ce que Hank ne sait pas, c’est que de son côté, Lew courtise gentiment Karen. Amitié, rivalité masculine : la relation Hank/Lew dope donc dans le bon sens le rythme de cette saison 2 dont on pouvait craindre trop de répétitivité.

Les personnages secondaires ne sont pas oubliés. Le meilleur pote de Hank, Charlie (Evan Handler, dont on avait apprécié les expérimentations SM avec son assistante dans la saison 1) va connaître de nombreux chamboulements. Toujours aussi obsédé par le sexe, il va se faire virer pour s’être masturbé au bureau ! Pendant ce temps, sa femme Marcy (Pamela Adlon, sensationnelle en épouse vulgaire et paumée) devient une junkie. Plutôt que de reprendre les choses en main, Charlie va se trainer dans de drôles d’aventures, décidant de devenir l’agent de Daisy (Carla Gallo), une actrice porno. Plus encore : il va finalement se lancer dans le porno en produisant un blockbuster du genre pour mettre en lumière sa protégée : un remake porno de Chinatown intitulé Vaginatown. Autant dire que les scènes délirantes se succèderont.
La série de Tom Kapinos reste donc, pour notre plus grand plaisir, toujours aussi réjouissante et barrée. Toujours aussi fou, toujours aussi cul, le show affiche une belle liberté de ton et le casting assure toujours autant. Si le personnage de la petite fille de Hank, Becca, commence pour ma part à me taper sur le système, ce n’est qu’un petit point noir face à des situations délirantes et une galerie de personnages décomplexés et divertissants. Prudence toutefois Messieurs les scénaristes : le jeu du chat et de la souris entre Hank et Karen pourrait finir par lasser. Esperons que la saison 3 sera à la hauteur et gardera ce qui fait le sel de cette série indépendante : beaucoup d’humour, d’audace et une pointe de bons sentiments.