Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Mars Distribution
Vincent (Guillaume Canet) a fait de grandes études mais le voilà aujourd’hui simple bagagiste. Avec son collègue Gérard, il fouille de temps en temps dans les valises histoire de voler deux ou trois objets de valeur. Leur quotidien morne bascule lorsque Gérard ouvre une valise diplomatique qui lui explose en pleine figure. Impliqué dans une affaire trop complexe pour lui, Vincent va se retrouver engagé par la DST pour coincer un homme impliqué dans des affaires douteuses. Il s’appelle Peter Burton et semble manipulé par les services secrets syriens. En se faisant passer pour un membre d’une ONG, Vincent rencontre l’homme ainsi que sa femme tourmentée, Claire (Géraldine Pailhas). Quelque chose se passe. La DST et le MI5 demandent alors à Vincent de séduire cette intrigante brune pour faire avancer leur enquête. Mais voilà que notre espion se voit rattrapé par ses sentiments…
Guillaume Canet nous a déjà offert de bons moments en matière de thriller/polar à la française (le réussi Les liens du sang, le plutôt pas mal La clef). Cette fois devant la caméra de Nicolas Saada (ancien critique aux Cahiers du Cinéma qui signe ici son premier long-métrage), il nous entraine dans une aventure qui privilégie la psychologie, les sentiments, un côté intimiste plutôt que les explosions musclées (et c’est tant mieux compte tenu du budget apparemment peu élevé accordé aux effets spéciaux). On a envie d’aimer Espion(s). Déjà parce que l’on y retrouve une ambiance particulière, singulière, loin des productions françaises habituelles. Entre hommage à Hitchcock, au polar américain, le tout avec une pointe british (la majeure partie du film se situe à Londres). Aussi parce que Guillaume Canet et Géraldine Pailhas forment un couple de cinéma crédible, à fleur de peau et donc touchants. C’est léché, soigné, joliment mis en scène, pas lourdingue (belle utilisation d’ellipses).
Et pourtant…Pour ma part j’ai trouvé le scénario bien trop mince. L’intrigue délivrée a déjà été vue des centaines de fois et si le début captive, la suite semble bien plus paresseuse. Nicolas Saada ne parvient pas à creuser plus en profondeur des personnages à la psychologie qui semblait pourtant captivante. On assiste alors à un spectacle certes séduisant mais attendu. Plus un exercice de style qu’un long-métrage vraiment audacieux. Du style, Saada en a, souhaitons-lui maintenant de trouver des idées profondes qui aillent avec.
Film sorti le 28 janvier 2009