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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Lawrence Weiner au Centre Pompidou : art, porno et réflexions

water in milk exists


Parce que ça fait du bien de temps en temps de voir des choses différentes, j’ai décidé de faire un tour au Centre Georges Pompidou de Paris pour leur séance « Vidéo et après  » En ce lundi 2 février était projeté plusieurs « structures » (c’est ainsi qu’il appelle ses films vidéos) de Lawrence Weiner, présenté comme un des pionniers de l’art conceptuel américain. Séance quasi-complète, curiosité aiguisée.

 

Ca commence avec Hearts and Helicopters qui regroupe plusieurs travaux de l’artiste. Petit soucis au niveau de la présentation : de la VO non sous-titrée pour de l’art conceptuel c’est quand même pas génial. Je ne comprends pas trop mal l’anglais mais vu que ces œuvres disposent d’un son assez médiocre, ça ne m’a pas aidé à me plonger au cœur du métrage. Des femmes avec des cœurs dessinés sur du papier, des questions existentielles, des rencontres…L’ensemble des travaux m’est apparu comme assez inégal et surtout esthétiquement assez pauvre. Weiner revendique l’utilisation d’une musique agressive, intempestive, joue sur le temps et le dialogue. Mais ca reste quand même à mon sens très mal cadré et éclairé (que cette démarche soit volontaire ou non). Il semblerait que je n’étais pas le seul à être perdu, un spectateur ayant l’audace de crier haut et fort à la fin de la projection de cette première œuvre : « C’est nul ! »

 

La suite était heureusement plus stimulante. Water in Milk exists est un porno conceptuel. Soit des gens travaillant dans une galerie d’art qui se lancent dans des scènes hard. Entre deux trios ou pénétrations, ils échangent leurs questions existentielles. Du genre : une femme se fait prendre et son partenaire lui demande si l’instant qu’elle vit est une réalité « spécifique » ou « globale ». Doté d’une belle folie (les gens baisent et à côté d’eux un petit groupe s’amuse avec deux briques en affirmant que « l’emboitement » est la base de tout), avec cette fois-ci une réalisation plus soignée, Water in Milk exists lance des pistes intéressantes, montre un autre porno, sans trucages, avec des gens normaux et donc de l’humanité. Avec en bonus des dessins insérés ,assez drôles étant donné le contexte. A noter qu’à cette projection se trouvait Catherine Corringer, réalisatrice de films « pour adultes » et artistiques, que j’avais découvert à l’occasion du premier festival du film porno de Paris.

 

La séance se clôture avec Liberté et contraintes, petite structure de cinq minutes qui joue avec les images et les mots tout en invitant à la réflexion.

 

A l’issue de la présentation, un débat est ouvert après que le journaliste Jean-Max Colard ait posé quelques questions à Lawrence Weiner. Le spectateur qui avait crié que c’était nul prend la parole et ose dire que l’art c’est bien mais que nous faire payer une entrée pour voir ces « films », c’est exagéré. La majorité de la salle est un poil scandalisée, Weiner tente de lui répondre mais son français est très approximatif. Autant dire que le débat n’aura pas trop servi car on ne comprenait pas grand-chose à ce qu’il disait. Peu importe, comme l’artiste le dit lui-même « il ne faut pas chercher à rationnaliser ces œuvres d’art ». Restons donc sur nos curiosités et les mystères qui les accompagnent…

 

En marge de la projection : Exposition Lawrence Weiner à la Galerie Yvon Lambert jusqu’au 28 février 2009.

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