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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Nulle part terre promise : quêtes croisées


Crédit Photo : Sophie Dulac Distribution


Trois personnages qui voyagent. Un sans papiers (Haci Aslan) et son fils qui rêvent d’un eldorado et essaient de passer les barrières dans de rudes conditions. Une étudiante (Elsa Amiel) qui va de train en train, qui attend l’appel d’un amoureux et qui en attendant filme les gens qu’elle rencontre. Un jeune cadre (Nicolas Wanczycki) qui se déplace en business class et taxi à l’occasion d’une délocalisation. Chacun avance en espérant trouver sa terre promise. Des voyages plus ou moins solitaires, des jours, des nuits à attendre, penser, espérer…

 

Prix Jean Vigo 2008, Nulle part terre promise est une œuvre singulière et attachante. Emmanuel Finkiel livre un véritable film d’auteur, témoignant d’une belle exigence formelle (on ne compte plus les plans inspirés), ouvert sur le monde et surtout ne délaissant jamais un scénario fait de nuances. La forme et le fond sont donc divinement assortis et le spectateur est invité dans des itinéraires différents mais toujours très introspectifs et sensoriels. Regarder Nulle Part Terre Promise, c’est se plonger dans une ambiance, un état. Comme celui ressenti alors qu’on se réveille la nuit en plein milieu d’un voyage. On est secoués, un peu à l’ouest, une sensation bizarre. On est dans le flou mais en même temps enveloppés.

 

L’intelligence de Finkiel est de mettre sur un pied d’égalité trois protagonistes très différents, de les filmer avec la même envie, la même tendresse. On s’attache ainsi autant à un cadre à la vie hyper réglée qu’à un sans papiers toujours exposé au danger. Le personnage de l’étudiante fait un peu le pont entre les deux, lumineuse, mélancolique. Les destins se croisent, se séparent. Tout en livrant un portrait humaniste, le cinéaste n’oublie pas de montrer à quel point la société n’épargne personne. Mais il croit en la rencontre, en l’autre, en la force des images, aux sensations. C’est comme un rêve ou un cauchemar éveillé, c’est délicat et brutal à la fois. Une expérience à tenter.

 

Film sorti le 1er avril 2009

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