Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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UN FILM DE VLADIMIR PERISIC
Dzoni vient de s’engager dans l’armée. Il n’a pas le temps de se familiariser avec sa brigade et est rapidement envoyé en compagnie des membres de son unité vers une destination inconnue. C’est une journée d’été, paisible. Vers où mène l’autobus dans lequel se trouve Dzoni ? Un champ. Les hommes attendent et c’est alors que débarque un autre bus d’où sortent sept soldats. L’ordre est donné : les membres de l’unité doivent abattre les sept personnes qui se trouvent devant eux. Sans savoir pourquoi…
Premier long-métrage du serbe Vladimir Perisic, Ordinary People, comme son titre l’indique, tient à montrer que les soldats qui ont participé à des crimes de guerre sont souvent des gens ordinaires. Tout le film se passe sur une seule journée, ensoleillée. Nous sommes face à une œuvre très contemplative, avec un certain nombre de plans fixes, le réalisateur prend son temps afin de développer une ambiance toute particulière. On se laisserait bien bercer par le bruit du vent mais quelques petits indices nous font penser que les choses vont déraper.

Si le scénario est assez basique (et compte le strict minimum de dialogues), Vladimir Perisic nous plonge dans le quotidien fait de fausse quiétude de cette unité qui sera forcément bouleversée par les évènements. Alors que les crimes s’enchaînent, que l’on sait ce qui va se passer, chaque coup de feu est un nouveau déchirement, un moment violent et perturbant. Car nous sommes avec le personnage principal, Dzoni, un jeune homme qui va essayer de ne pas appliquer bêtement les ordres qu’on lui donne mais qui , sans doute dans un soucis d’intégration, va rapidement céder. Il va y laisser sa naïveté, va devenir une petite machine de guerre.
Non daté, ne se référant à aucun événement précis de l’Histoire, Ordinary People est ainsi universel. C’est le portrait d’une violence gratuite, du cercle vicieux du crime (on force les soldats à tuer et après on les force à garder le silence en leur faisant comprendre qu’ils sont complices des meurtres), d’une jeunesse perdue. Epuré mais souvent troublant.
Sortie en salles le 26 août 2009