Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

UN FILM DE JOSH ET BENNY SAFDIE
Chaque année, Lenny est autorisé à passer deux semaines avec ses deux petits garçons. Le moment pour lui est venu de « profiter » de leur présence. Mais très vite, le père est dépassé par la situation. Il a un mal fou à jongler entre ses progénitures, sa nouvelle petite amie et son travail. Et pour la peine il entraine toute sa petite famille dans des galères plus ou moins graves…Récit de deux semaines pas comme les autres.
En découvrant The pleasure of being robbed nous pouvions nous interroger sur l’ami Josh Safdie. Son film était très sympathique, évoquant aussi bien le ciné indé ricain des 70’s que la Nouvelle Vague mais son scénario un peu léger pouvait laisser craindre une certaine imposture. Go get some Rosemary était donc attendu au tournant. Et c’est une excellente surprise que de découvrir ce deuxième long, qui marque une collaboration entre le réalisateur et son frère Benny mais aussi le retour de l’actrice Eleonore Hendricks. Le personnage de Lenny est terriblement attachant, c’est une merveille. Un papa qui hésite entre faire autorité et être le bon copain, qui est incapable de gérer les choses, qui a le chic pour se fourrer dans des situations délicates et mettre en danger son entourage. Lenny est un empoté, un looser. Mais il suffit de voir son regard pour comprendre qu’il tient terriblement à ses deux garçons.
Une fois de plus, New York est le théâtre des errances des personnages. Un New York souvent hostile où l’on peut passer de la balade à l’agression en quelques secondes, Un New York plein de curiosités aussi avec ses cinémas (Lenny est projectionniste), ses musées et petits bars sympas. A la liberté de la réalisation et la jolie photographie (qualités remarquées lors du précédent opus) s’ajoute un scénario simple et brillant. On est dans une sorte de poésie du quotidien, on vit avec les protagonistes. Tantôt drôle, tantôt amer, passant du film typique indé fauché à un portrait intime ou une œuvre presque sociale : Go Get Some Rosemary sent bon la passion du cinéma.
Alors que Lenny ne peut se résoudre à se séparer de ses deux bambins, nous avons nous-mêmes du mal à quitter l’univers du film. Tranquillement, Josh Safdie impose un style, un univers. Une production modeste et une véritable pépite.