Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)
Gabino à la trentaine et est une sorte d’adolescent attardé qui vit chez sa mère. Son frère ne donne plus trop de nouvelles et s’est construit une vie confortable loin des siens. Dans leur modeste appartement, Gabino et sa mère font face à un quotidien peu reluisant. Déménageur de métier, le jeune homme est amené à s’immiscer sans le vouloir dans les vies de nombreuses personnes. C’est l’occasion pour le spectateur de découvrir un Mexique qui ,comme ses personnages, cherche à se construire mais où l’individualisme monte en force…
Avec sa réalisation sobre et au plus près de ses personnages, Perpetuum Mobile est un long métrage discret mais souvent sensible. La relation entre la mère et le fils sonne particulièrement juste. C’est le portrait d’une mère de famille qui ne parvient pas à construire sa vie seule. Toujours dévouée à son fils, pressée alors qu’elle n’a rien de particulier à faire, elle aimerait bien s’émanciper, retrouver quelqu’un. La seule présence réconfortante autour d’elle, apte à la comprendre et lui apporter de l’affection, est son chien. Nul doute que le fils l’aime. Mais quand ils se retrouvent l’un à côté de l’autre ils ne parviennent pas vraiment à communiquer, à se parler.
Les rapports très pudiques entre les personnages amènent une force considérable à ce film où de nombreux destins sont esquissés entre deux déménagements. Le constat est sans appel : chacun ne pense qu’à soi, ne parvient pas à prendre le temps de comprendre l’autre. Un monde où l’on oublie ses proches, sa famille. Au propos un poil dépressif de l’ensemble se mêle une délicatesse bienvenue. Ce qui permet à Perpetuum Mobile, œuvre où seuls les objets semblent vraiment bouger au final, d’être à la fois grave et léger et toujours plaisant.