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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Visioconférence avec Lars Von Trier au Centre Pompidou




Hier soir, Lundi 8 juin 2009, le Centre Pompidou lançait sa rétrospective consacrée au cinéaste Lars Von Trier. Dans une salle archi remplie, les spectateurs étaient invités à assister à une rencontre toute particulière avec le réalisateur. En effet, Lars Von Trier étant oppressé par la foule, il a préféré effectuer cette rencontre à travers un écran via une vidéoconférence. A Paris se trouvaient donc les amateurs de son cinéma ainsi que la journaliste Christine Masson. Et sur l’écran, en direct du Danemark, se trouvaient Lars Von Trier aux côtés du journaliste Pascal Mérigeau.

 

Le Centre Pompidou ouvre avec fierté cette rétrospective d’un cinéaste qualifié de « déjà culte », qui a à chacun de ses films tenté de renouveler les genres, d’apporter une patte personnelle et de bousculer les idées reçues quitte à choquer, gêner, attiser les haines ou passer pour un provocateur. Une œuvre toujours en construction qui affiche les peurs d’un artiste qui se définit encore comme un enfant de huit ans qui joue avec ses craintes les plus sombres. Des films qui dressent des portraits féminins ambigus, qui témoignent de la violence contemporaine, de la perte de la foi et bien d’autres choses encore.

 

Avant que le débat ne commence, on nous projette les tous premiers films de Lars Von Trier, des films amateurs réalisés alors qu’il n’était qu’un enfant : Le voyage à Squashland ; Bonne nuit, Trésor ; Pourquoi fuir ce dont tu ne peux t’échapper ? ; Une fleur. Le cinéaste confesse avoir honte de ces premières productions qui en révèlent long sur ses obsessions. Déjà le rapport d’amour/haine face à la femme, un point de vue sur un monde chaotique, la nature, la religion. Le film La Fleur par exemple nous montre un petit garçon qui recueille une fleur morte et tente de la faire renaitre…mais des avions passent au dessus de lui et lancent des missiles qui auront raison de sa vie et de celle de sa protégée.

 

Ce premier instant de projections achevé, le débat est lancé. Pascal Mérigeau commence un entretien avec le réalisateur puis Christine Masson relaie les questions du public. L’ambiance est bon enfant même si on sent que Lars Von Trier n’est pas au top de sa forme, pas super à l’aise. Il avoue être toujours en dépression, qu’il a envie de mourir. Pascal Mérigeau revient sur le fait que certains spectateurs le jugent provocateur. Lars Von Trier confesse alors qu’il cherche surtout à se provoquer lui-même, à exorciser, transcender ses peurs, phobies, par son cinéma. C’est un homme à fleur de peau que nous découvrons sur l’écran, un auteur dont les œuvres sans concession déclenchent des fantasmes divers chez ses détracteurs et qui ne semblent pas toujours justifiés. Beaucoup de spectateurs posent des questions à propos d’Antichrist, son dernier film, qui déclenche de vives passions. Il y a eu des journées de tournage où le cinéaste avait l’impression que son corps ne suivait plus mais c’est pendant ce tournage qu’il a apprivoisé ce qui est sans doute une de ses œuvres les plus denses et ouvertes à l’interprétation. Un film qu’il a commencé à aimer au fil des prises. Il salue au passage le courage de ses acteurs et en particulier de Charlotte Gainsbourg qui s’est donnée à fond et dont la scène de masturbation justifie à ses yeux toute une carrière.



Le passage d’AntiChrist à Cannes l’a surpris. Que ce soit les réactions positives comme négatives. Christine Masson revient sur le tournage difficile avec Bjork pour Dancer in the Dark. « Bjork est une femme extraordinaire, elle ne me l’a malheureusement pas montré pendant le tournage ». Les femmes qui tournent avec le cinéaste ont probablement toutes un côté masochiste, il ne les épargne pas. Et au final, une fois l’œuvre finie, elles sont toujours extraordinaires. Résumer le cinéma de Lars Von Trier à un cinéma misogyne me semble être d’une grande bêtise. Les choses sont bien plus complexes que ça. Nous avons là un homme qui a un problème évident avec les femmes mais qui malgré tout ne peut s’empêcher de les aimer et les mettre en lumière. « La femme est un être humain, l’homme je ne sais pas », « Je suis un enfant de 8 ans, une petite fille de 8 ans » lance le cinéaste amusé. Il nous parle aussi de sa femme à lui, qui le soutient toujours dans ses démarches et qui a adoré Antichrist.

 

Alors qu’on parle de ses films comme des expérimentations, il tient à souligner qu’il n’aime pas ce terme. Il n’expérimente pas, il sait toujours où il va même si son dernier film est plus ouvert, mystérieux que d’habitude. Comme un cauchemar éveillé. A quoi bon chercher à tout interpréter, à demander des justifications, la force de son dernier opus est justement de créer des sensations, des impressions diverses chez chaque spectateur qui interprète à sa sauce certains aspects d’un film labyrinthique, à la fois très construit et ouvert. Voilà qui replace enfin le cinéma comme une oeuvre d'art.

 

La visioconférence s’achève alors que le cinéaste affiche sa fatigue. On nous projette alors ses films d’études : Production 1 : La mort ; Exercice de cadrage ; Production 2 ; Le deuxième voyage de Marsja ; Nocturne. Avec encore des portraits de femmes blessées ou manipulatrices, des oppositions avec des hommes…

 

Le lancement de la rétrospective donne terriblement envie de se (re)plonger dans l’œuvre d’un cinéaste qui ose, qui propose, qui se fiche royalement des codes établis et des limites liés aux genres. Nul doute que Lars Von Trier restera un réalisateur controversé pendant encore des décennies, suscitant la passion de certains le considérant comme un génie (et un des rares cinéastes actuels à se mettre en péril en tentant d’apporter de la nouveauté au septième art) et la haine d’autres qui n’aiment pas qu’on les bouscule ou les manipule.

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D
Alors merci pour la suggestion : j'irai effectivement lire cela avec beaucoup d'intérêt, ne pouvant me rendre à la rétrospective.
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D
Bonjour,merci pour ce compte-rendu et merci pour ça : "Résumer le cinéma de Lars Von Trier à un cinéma misogyne me semble être d’une grande bêtise. Les choses sont bien plus complexes que ça.". Il semble difficile de lire quoi que ce soit d'un peu élevé, pour ne pas dire d'une eu pertinent, sur Antichrist... tout au moins en France. (PS: désolé pour les deux ratés précédents, il semble que "enter" coupe la chique des commentaires aujoud'hui !)
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V
<br /> Je vous invite à aller consulter le blog "Une dernière séance" si vous ne l'avez pas encore fait. La rédactrice du blog suit en ce moment toute la rétrospective Lars Von Trier. Le lien est dans la<br /> blogroll ;) Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> <br />