Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Copyright : Les films du Losange
UN FILM DE ALAIN GUIRAUDIE
Armand (Ludovic Berthillot), la quarantaine, est vendeur de matériel agricole. Son pêché mignon n’est autre que de tenter de séduire des hommes plus âgés. Spontanément ou dans les bois, lieu de rendez-vous phare des amants clandestins. Mais voilà qu’il tombe par hasard sur Curly (Hafsia Herzi), jeune adolescente fugueuse et révoltée. Il la sauve d’une bande de jeunes hommes mal intentionnés et devient ainsi son héros. Curly jette son dévolu sur lui et n’hésite pas à le lui faire savoir. Armand se retrouve troublé, lui qui n’a jamais vraiment eu de relation avec des femmes. Alors que les parents de la jeune fille et les forces de l’ordre se mettent en tête de briser cette idylle naissante, Armand et Curly songent à l’évasion…
Alain Guiraudie n’est pas un cinéaste français comme les autres. En seulement quelques films, il est parvenu à créer un univers entre réalisme et fantaisie, où les gens et les corps filmés échappent aux modèles imposés. Armand, le héros de cette nouvelle aventure, est un homme rond et séducteur qui est excité par les vieux monsieurs. Le roi de l’évasion fait ainsi la part belle aux étreintes entre hommes d’âges divers et tente d’apporter de la sensualité à ce que beaucoup cataloguent comme disgracieux. Grand film sur le désir, un désir libre, décomplexé, qui n’a pas de lois. Pas choquant alors que d’une scène à l’autre, le personnage principal passe de gay à un hétéro tenté par l’attrait de la jeunesse féminine.
Si l’œuvre est majoritairement burlesque, elle n’en filme pas moins la solitude d’êtres particulièrement attachants. Chercher le plaisir, assouvir ses désirs, c’est toujours un peu aussi se chercher soi-même. La réalisation du cinéaste est moins esthétisante qu’auparavant (ce qui pourra être une bonne ou une mauvaise chose selon les sensibilités des spectateurs), le film prend son temps. Il y a là une humble et belle proposition de cinéma. La candeur de Hafsia Herzi allant à merveille avec l’air désillusionné de Ludovic Berthillot.
Film sorti le 15 juillet 2009