Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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UN FILM DE ROBERT GUEDIGUIAN
Paris, sous l’occupation allemande. Alors que les juifs sont de plus en plus nombreux à être placés dans des camps, la révolte anime quelques français et immigrés. L’arménien Manouchian (Simon Abkarian), poète plutôt calme, accepte de prendre la tête d’un groupe de militants communistes qui compte terroriser l’ennemi allemand dans l’espoir d’une France meilleure, en paix. Il le fait même s’il sait que cela risque de lui couter la vie et de l’éloigner à jamais de celle qu’il aime, la douce Mélinée (Virginie Ledoyen). Dans la bande à Manouchian on retrouve, entre autres : un jeune étudiant doué en sciences physiques (Grégoire Leprince-Ringuet) qui ne supporte plus que sa famille juive doive faire profil bas ou être persécutée ; l’indomptable Marcel Rayman (Robinson Stévenin) qui, marqué par la déportation de ses parents, compte bien tuer du nazi ; aussi des polonais, des hongrois, des espagnols…Mais alors que les actions de cette bande plus ou moins organisée fonctionnent, les nazis et la Police française redoublent d’efforts pour imposer la terreur. Rafles et persécutions au programme. Portrait d’un groupe habité, qui finira par être appelé « L’armée du crime » pour une énième et terrible opération de propagande…
Robert Guédiguian s’empare d’un sujet historique très fort en nous racontant le récit de Manouchian et son équipe. Au scénario on retrouve Gilles Taurand qui a probablement apporté sa finesse d’écriture pour un film documenté, consciencieux sans jamais être plombant ou trop lent. On appréciera la construction des personnages. Outre Manouchian, tous les seconds rôles existent vraiment, bénéficient de passages d’une belle intensité et nous offrent différents points de vue, émotions sur le cauchemar de cette période d’occupation. Dans les rues, les allemands sont un peu partout, ils jouent au foot, sont souriants. C’est ce que l’on retiendra du film : la vie qui continue sous l’occupation, les petits moments d’insouciance, de bonheur même, alors que tout près des cars emmènent des juifs dans des camps, des gens voient leur vie brisée.

Malheureusement, et c’était prévisible, le réalisateur n’évite pas le piège de l’académisme. Si le tout est joli à regarder, bien pensé, on peine à y retrouver une véritable identité de cinéaste. Bref ça sent un peu trop le film prochainement diffusé en prime time à la télévision. Cet académisme ne nuit en rien au très bon scénario et au sujet du film, extrêmement fort. Mais cela empêche L’armée du crime d’être vraiment passionnant, de nous emporter totalement. Le divertissement est assuré mais les étincelles sont rares.
Pour finir ce billet sur une note plus « joyeuse », difficile de passer outre le casting de jeunes comédiens. Robert Guédiguian a recruté pour son long-métrage une flopée de jeunes acteurs français tous plus charmants les uns que les autres. Grégoire Leprince-Ringuet, Robinson Stévenin, Adrien Jolivet, George Babluani : bien que le sujet ne s’y prête pas, on se rince discrètement l’œil et ça aide largement à suivre non sans intérêt ces 2h20 de récit politique et historique.
Film sorti le 16 septembre 2009