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Crédit Photo : Bodega Films
Paolo Franchi nous plonge clairement et directement dans un climat d’obsession appuyé par des couleurs froides, une Italie aux antipodes des cartes postales et cela renforcé par une interprétation tout en pudeur de Barbora Bobulova. Cette jeune actrice dévoile un naturel et un charisme des plus envoûtants et demeure encore après la projection un mystère. La Spectatrice aurait pu être un thriller, une banale comédie romantique. Le long métrage s’inscrit plutôt dans le rayon Drame psychologique. Car c’est bien d’un cas psychologique qu’il s’agit ici. Valeria incarne la solitude et ses contradictions, l’impossibilité de dépasser ses rêves pour vivre et se réaliser dans la réalité. Elle vit par procuration ce que vit son voisin, s’immisce dans sa vie, se lie d’amitié avec sa maïtresse, n’arrive guère à lui parler avec spontanéité. Véritable handicapée du sentiment, elle sera amenée à choisir de rester ou non une fille dans l’ombre. La solitude est par conséquent un des grands thèmes du film, ainsi que l’impossibilité à communiquer. Une impossibilité que partage aussi les seconds rôles : Flavia, la maîtresse de Massimo, n’arrive pas à faire totalement le deuil de son ex époux et freine son jeune amant dans ses élans amoureux, Massimo pourtant attiré par Valeria mettra bien du temps avant de pouvoir lui parler franchement. Le résultat est sans surprise une énorme frustration. Une frustration que tous les personnages de ce long métrage très pudique vont vivre seul dans leur coin, une frustration que le spectateur ressentira aussi à la fin de la projection.
Pendant une heure et demi nous attendons la réunion entre Valeria et Massimo. Les choses ne se passeront pas exactement comme l’on aurait pu le prévoir. Si certains seront déçus par la queue de poisson finale, au contraire beaucoup apprécieront le choix du réalisateur de se démarquer des histoires habituelles et de tout happy end. Une actrice somptueuse pour un rôle de névrosée sentimentale, des seconds rôles excellents, une spirale infernale des sentiments : La Spectatrice est une vraie petite pépite qu’il faut prendre le temps de comprendre et apprécier. Malgré un rythme très lent, les émotions passent même si celles-ci sont assez éprouvantes. Le genre de long métrage qui vous hante des semaines après la projection.