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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Libero : famille brisée



Crédit Photo : MK2


Tommy a 11 ans et aimerait faire du foot plutôt que de la natation. Ses problèmes semblent être ceux d'un garçon ordinaire approchant de l'adolescence. La vérité est en fait plus complexe. La famille de Tommy (son père Renato et sa soeur Viola) a dû faire face dans le passé au départ inattendu de leur maman. Cette absence maternelle a renforcé les liens mais n'est pas sans causer quelques tensions. Des tensions qui vont donner place à une véritable explosion lors du retour de la femme de la famille. Elle promet qu'elle restera, qu'elle se fera pardonner, que tout ira bien. D'abord sceptique, la famille lui laisse une seconde chance. A leurs risques et périls...


Libero
est un drame vu à travers les yeux d'un enfant: Tommy. C'est par lui qu'on découvre le tourment dans lequel sont plongés les adultes. Tommy regarde, subit, mais n'ose jamais vraiment faire de reproches. La liberté, il l'a quand il monte sur des toits, seul. Des toits qui peuvent être dangereux. La détresse intérieure de ce petit garçon nous importe tellement que l'on a peur pour lui constamment. On a peur qu'il tombe du toit, on a peur lors d'une scène à la piscine très bien filmée qu'il se noit. Que l'on se rassure, Libero ne fait pas du tout dans le pathos. Il s'agit là d'un film témoignant d'une grande justesse et d'une belle pudeur. Le spectateur est libre de penser ce qu'il veut, d'analyser les situations dévoilées à l'écran.
Il est face à une petite perle d'émotion : les acteurs, tous excellents, se mettent à nu devant la caméra et nous offrent un spectacle des plus intenses. La violence verbale du père face à son fils , les réglements de compte de couple devant les enfants : les personnages souffrent et quand ça explose, Kim Rossi Stuart (Papa dans le film mais aussi réalisateur) ne laisse rien filer.

Ici, les femmes ne pensent qu'au sexe (la mère est nymphomane et vénale; la soeur est obsédée à l'idée de jouer à des jeux où l'on se touche le corps; la camarade de classe de Tommy est passionnée de reproduction) et tous les personnages ne parviennent pas à assumer le rôle que la vie leur a donné. La maman (interprétée par une merveilleuse Barbora Bobulova, les espoirs portés en voyant La Spectatrice étaient fondés) n'arrive pas à rester dans la maison familiale, à rester pour ses enfants, l'appel du sexe et de l'argent est le plus fort; le père n'arrive pas à jouer au papa et à la maman en même temps et n'arrive pas à faire des compromis dans son travail de réalisateur; les enfants , forcés à jouer aux "grands" et aider pour les tâches ménagères, aimeraient avoir plus de liberté.

Vous l'aurez compris : Libero n'est pas du tout un film superficiel qui n'a que pour but de vous faire pleurer en utilisant des clichés éculés. Il s'agit ici d'une oeuvre sensible et habitée. La simplicité paye souvent au cinéma. Sans artifices, Libero est un des plus beaux films sur la famille de 2006.

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