Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Publicité

Le dahlia noir : Hollywood glacé



Crédit Photo : Metropolitan FilmExport


Années 40, Los Angeles. Le jeune Bucky devient inspecteur aux côtés de Lee après un match de boxe truqué. Entre eux, il y a la ravissante Kay, ancienne prostituée à qui Lee à offert une nouvelle vie en la sortant d'une sombre histoire de braquage. Les 3 jeunes gens mènent une vie à peu près normale malgré la corruption qui règne en ville. Soudain, une jeune femme est retrouvée sauvagement assassinée. Elle s'appelle Elizabeth Short, elle voulait être célèbre, elle le sera dans d'atroces conditions. Chargés d'enquêter sur ce mystérieux meurtre, Bucky et Lee vont progressivement se perdre dans leurs obsessions, leurs fantasmes ou leur culpabilité.


Décors magnifiques (réalisés par Dante Feretti qui travaillait notamment pour Fellini), costumes de rêve, travellings en folies, réalisation soignée, acteurs choisis pour leur physique très années 40 : visuellement le Dahlia Noir est une franche réussite. On se laisse facilement embarquer dans l'univers à la fois sombre et glamour que De Palma nous offre. Ajoutez une musique parfaitement choisie et vous obtenez une réelle ambiance. Sur la forme tout est là pour passer un grand moment de cinéma et quand on voit le casting sur l'affiche(à l'exception de Josh Hartnett peut être) on ne peut que se dire que ça va être très très grand. Pourtant, force est de constater qu'en sortant de la projection, on sent que quelque chose nous a empêchés de vraiment adhérer au film.


Le fait est que le Dahlia Noir est une oeuvre glacée. Le côté froid vient peut être justement du jeu des acteurs. De Palma prend le temps d'exposer ses personnages, montre que le manichéisme n'existe pas, que tous sont corrompus. Nous ne sommes pas face à des personnages vides. C'est donc les acteurs qui foirent un peu leur boulot. On a l'étrange sensation qu'ils essaient d'être leur personnage mais qu'ils ne le sont jamais vraiment. Hartnett et Eckhart voudraient être Bogart, Scarlett Johansson et Hilary Swank se voudraient être des grandes femmes fatales. Ainsi, on a droit à des gimmick exagérés. Oui ,on admet que c'est très glamour mais pour la peine on est face à des personnages en papier glacé et cela nous prive d'une certaine émotion. A noter tout de même quelques exceptions : Fiona Shaw et son sublime personnage qui pête les plombs et bien sûr Mia Kirshner. L'actrice ne joue pas le rôle d'Elizabeth Short, elle est Elizabeth Short et c'est la seule du casting à avoir réussi cette prouesse. Son personnage emblématique (elle est le dahlia noir) est le seul à obséder, émouvoir. Portrait d'une femme frivole et un brin superficielle qui sera l'objet de tous les fantasmes et les pires humiliations. Les scènes d'essais en noir et blanc sont excellentes. A noter que le rôle de Short ne devait pas être aussi conséquent, De Palma l'a étoffé après les premiers rushs visionnés, trouvant la prestation de Kirshner particulièrement convaincante.

Pour ce qui est du fond, l'histoire se tient et contrairement à beaucoup de personnes , je n'ai pas trouvé le film si compliqué que ça. Certes, on nous balance les réponses à nos interrogations de manière un peu maladroite et alambiquée mais rien de bien grave.


Finalement c'est bon ou pas, ce Dahlia Noir ? Alors qu'il critique le milieu d'Hollywood, le film de De Palma est en fait à prendre comme un pur produit hollywoodien. C'est du glamour , du divertissement avec en plus une réalisation intéressante et l'oeuvre d'Ellroy. Non, ce n'est pas un chef d'oeuvre mais oui c'est un bon film malgré ses maladresses et erreurs de casting (où De Palma a-t-il vu que Mia Kirschner et Hilary Swank se ressemblaient?).

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article