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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Fur, un portrait imaginaire de Diane Arbus au poil !



Crédit Photo : Metropolitan FilmExport



Le générique commence avec une orgie de poils avant de nous emmener dans un camp de naturistes où l'énigmatique Diane Arbus s'apprête à prendre quelques clichés. D'où vient cette femme curieuse ? Flashback. Nous nous retrouvons dans le New York des années 50 où l'on découvre une Diane très bourgeoise , stricte , renfermée , parfaite femme au foyer et assistante de son mari photographe. Le personnage n'est pas heureux, frustré, est limite au bourd du suicide. Immédiatement on pense à la jeune femme de La Secrétaire qui en était au même point au début du film. Shainberg réutilise le même procédé : montrer d'abord son personnage épanoui puis expliquer comment cela s'est produit alors que rien ne semblait possible.



Dans La Secrétaire , le personnage de Maggie Gyllenhaal retrouvait gout à la vie grâce à sa relation sado-maso avec son boss. Ici, Diane se sentira revivre de par son fétichisme prononcé pour les poils. Sans aucune gêne, le réalisateur multiplie les plans velus et s'amuse de cette fascination du poil et de son désir profond. On retrouve également dans les deux films un goût pour les couloirs symbolisant le passage d'un état à un autre. La comparaison s'arrête là puisque La secrétaire lorgnait plus vers le registre de la comédie tandis que Fur se rapproche plus du drame hollywoodien. Il y a également plus de moyens, cela saute aux yeux. Les décors sont riches et très étudiés, la photographie est archi classe et Shainberg semble prendre un grand plaisir à capter avec sa caméra la beauté spéciale de Nicole Kidman.L'actrice est décidément douée pour jouer les femmes tourmentées et rigides.


Mais de quoi ça parle finalement ce portrait imaginaire de Diane Arbus ? Le film a pour ambition de montrer certains aspects du personnage et particulièrement sa curiosité amusée pour ceux qui sont différents. Diane est fascinée par son voisin qui est un homme recouvert de poils. Elle ose aller chez lui pour lui demander de faire un portrait, elle reprend ainsi goût à la photographie. L'homme aux poils (interprété par un Robert Downey Junior parfait) va la faire sortir de sa prison intérieure et va la trainer dans des soirées où nains , créatures étranges et sado-masochistes se cotoient en toute liberté. C'est un beau regard sur l'acceptation de la différence que livre le réalisateur. Par les yeux amusés et tendres de Nicole Kidman, on a nous aussi envie d'aimer immédiatement tous ces marginaux.

Le film ne tombe pas dans la facilité et montre une Diane Arbus perdue dans ses sentiments. D'un côté, il y a son mari lisse, gentil, attentionné et touchant qui ne comprend plus qui elle est et ce qu'elle fait. De l'autre, il y a cet étrange voisin poilu pour qui elle ressent une attirance particulière. Pas de manichéisme, pas de pathos à outrance , Shainberg parvient à livrer un film à la fois simple et classe tout en offrant une oeuvre purement hollywoodienne et grand public. Son Fur est fantasme (ah la scène de l'épilation !), voyage, renaissance.

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