Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Wild Bunch
Vincent a l'air d'être un chic type. Il est photographe, vit dans une superbe maison, est un papa soucieux du bonheur de ses enfants : la belle vie quoi ! Sauf que non : sa femme veut divorcer et elle est déterminée à trainer en Allemagne ses progénitures. Ca aurait pu être le sujet du film, mais il se trouve que notre photographe a vraiment la poisse. Un homme dérangé va le faire chanter et sans rien comprendre Vincent va assister à la mort d'une jeune mannequin et être soupçonné de son assassinat.
Le gentil Vincent c'est Yvan Attal, le méchant "serpent" c'est Cornillac. Les deux acteurs livrent de bonnes performances et on est ravi de voir Cornillac ne pas trop en faire pour une fois. Il est parfait en maitre chanteur un peu lourdingue et fragile psychologiquement. Capable d'éclater de rire et de frapper quelqu'un dans la seconde qui suit, son personnage représente une menace constante. Ce qui est appréciable dans Le Serpent , c'est que chaque personnage a sa part d'ombre. Le "héros" campé par Attal semble avoir été un vrai salaud dans sa jeunesse mais aujourd'hui il est un homme sympathique, Cornillac fait peur mais est surtout devenu plus dur à cause d'un sombre passé, le personnage de Minna Haapkyla est une femme dure mais qui va révéler sa fragilité au fil du film.
Du côté de la réalisation , Eric Barbier nous sort le grand jeu . Son film est aussi soigné qu'un thriller américain et on y croit. Le Serpent est un film vicieux avec une très belle galerie de personnages et des créatures de rêve pour pimenter le tout (on oubliera pas un photoshoot particulièrement torride).
Un super film alors ? Un bon film on va dire car malheureusement ce thriller made in France perd en qualité à cause de son rythme. Ce dernier faiblit dans sa deuxième moitié et implique moins le spectateur dans l'histoire. La fin est également assez prévisible... En tout cas , Barbier nous montre que les français peuvent faire du bon thriller.