Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : TFM Distribution
Un hôtel, 22 destins. Les histoires fusent dans Bobby où dans un palace on retrouve un microcosme de la société américaine de l'époque. Les étrangers sont dans les cuisines, les politiques ayant une liaison dans leur chambre, une chanteuse alcoolique en coulisses, un attaché de presse militant dehors, une blonde à la réception et à l'espace coiffure.
Que l'on ne s'y trompe pas : Bobby n'est pas un film très politique ou un biopic. Estevez a choisi de ne montrer Kennedy qu'avec des images d'archives et quand il se mélange aux personnages du film, il est filmé de dos. Le but du réalisateur semble être de montrer une galerie de personnages conséquente où chacun possède un rêve, un espoir qui se verra contrarié avec le terrible assassinat final. Bobby est une oeuvre nostalgique, pleine de désillusions. C'est aussi une histoire très fataliste. Emilio Estevez réussit le challenge de nous faire croire à 22 personnages et de nous trainer avec plaisir d'un endroit à l'autre de son hôtel. Lors d'une magnifique et tragique scène où Demi Moore et Sharon Stone se retrouvent devant la glace , on constate le temps qui passe, on assiste à la mort d'un âge d'or où ces actrices jadis faisaient des Strip Tease ou faisaient ressortir nos instinsct les plus basiques. Désormais, elles sont fatiguées, archi maquillées, alcooliques (dans le film hein). On se laisse vraiment porter par les différentes intrigues mais quand le générique de fin surgit après un long discours, on se demande :"Mais euh ce film c'était sur Kennedy?" Car ,en effet, toutes ces personnes usant plus ou moins du registre du pathos auraient pu se retrouver dans n'importe quel film. Un peu gênant.
Si le propos parait un peu molasson, Bobby par sa mise en scène léchée et sa bande originale particulièrement agréable devrait tout de même vous faire passer un bon moment, sans trop de tourments.