Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Studio Canal
Les hommes sont de sacrés salauds. Eric de Montalier pour son premier long-métrage ose montrer des personnages masculins pas franchement sympathiques et qui en font voir de toutes les couleurs à nos amies les femmes. Il y a Paul (François Cluzet) , un écrivain ultra égoiste qui ne parle que de lui et de son livre, qui se complait dans son personnage ridicule d'auteur connaissant toutes les vérités sur les rapports homme-femme. Pourtant dans les faits, il agit comme un véritable monstre avec celle qui l'aime (Valeria Golino), allant même jusqu'à la tromper avec une jeunette.
Il y a aussi Franck (Gilles Lellouche) , un prof qui a pour habitude de baver sur ses élèves et qui est accessoirement un gros lourd timide qui drague très mal. On pourrait le plaindre, lui, l'homme qui regarde ,déprimé, des films pornos sur son canapé. Mais non, on ne le plaindra pas. Car quand une jeune fille s'amourache de lui (Elodie Bouchez), il agit de la manière la plus odieuse qui soit.
Il y a également Cédric (Eric de Montalier) , homme-enfant, et au passage glandeur à la maison qui vit de parties de Poker pendant que sa copine Véronique (Mélanie Doutey) bosse comme une malade. Du jour au lendemain, il va la planter pour faire le point, sans prévenir. Du coup, elle tombera dans les bras de François (Hippolyte Girardot) , un client un brin obsédé et qui ne pense qu' à s'occuper d'elle, la fille "super bonne".
Rajoutez Pierre (André Dussolier) le dragueur invétéré fan de tango et Gérard (Jacques Dutronc) le silencieux vieil homme qui a des hallucinations et vous obtenez encore une femme malheureuse (Nicole Garcia).
Les hommes ont tous un problème ici : manque de courage, manque de compréhension, manque d'ouverture, de gentillesse,solitude extrême...Les femmes ne sont pas non plus parfaites. on pourrait dire de tous les personnages qu'ils sont bloqués dans leur rôle social et qu'ils n'arrivent pas à avancer. Véronique est le cliché même de l'employée dynamique et organisée qui ne profite en rien de la vie, François est le stéréotype de l'écrivain raté, Gérard est tout ce que l'on peut attendre d'un vieux fou...Par leurs interractions entre eux, ces personnages vont essayer de grandir avec plus ou moins de succès. Oui, tout ne finira par forcément bien pour tout le monde même si la fin du film réserve une scène très fleur bleue. Ma place au soleil est une première oeuvre qui reprend les codes du film choral et livre un divertissement tout à fait charmant. La caméra se balade en tournant, les connexions se font et se défont, le casting assure. Si elle manque d'originalité, la première oeuvre de Eric de Montalier se permet quelques fantaisies (scènes de l'aéroport ou du tango) et tire profit de dialogues extrêmements bien écrits. La base du film choral c'est quand même d'avoir des personnages bien construits. De ce côté : chapeau bas ! On rigole beaucoup en voyant les scènes de Dussolier et Garcia (séduction, timidité et maladresse donnent un cocktail irrésistible à leurs scènes) et chaque personnage à son lot de répliques jubilatoires. C'est certes très artificiel dans la forme et parfois on tombe dans l'excès kitsch mais on ressent bien la joie qu'a eu le réalisateur à faire son premier long. Une joie communicative grâce aux acteurs, on le répète, Lellouche y est d'ailleurs étonnant. Moins niais et pompeux qu'un Fauteuil d'Orchestre, Ma place au soleil est un charmant divertissement.