Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Studio Canal
Le film débute et nous annonce un drame. Une mort, se dit-on de suite. De qui ? Pourquoi ? Comment? Nous le saurons à la fin. L'enchainement se fait sur plusieurs scènes où l'on voit une mère (Nathalie Baye) et son fils Julien (Victor Sévaux, graine d'acteur à suivre) témoignant d'une profonde complicité. Regards complices, danse à deux dans le salon : Quelle jolie famille que voilà ! Maman aime son petit garçon, elle l'aime peut être trop, elle attend peut être aussi trop de lui. Progressivement, les petits pics à l'égard de sa progéniture vont s'accentuer, s'accompagnant au passage d'actes profondéments violents et malsains.
Martial Fougeron nous enferme comme Joachim Lafosse dans Nue Propriété dans une maison où le malheur et le mal-être sont rois. Il arrive parfaitement à retranscrire les sentiments paradoxaux d'une mère qui a raté sa vie, qui a toujours été incomprise et qui n'arrive souvent à s'exprimer que par la violence et la méchanceté. Son fils est son seul bonheur, la seule chose qu'elle ait pu réussir. Il n'a donc aucun droit à l'erreur. Nathalie Baye avec sa coupe de cheveux stricte, sa nuisette de grand-mère et son regard froid livre une interprétation aussi réjouissante qu'effrayante. Le spectateur est souvent ahuri face au comportement de cette femme volcanique, véritable sorcière de conte incrustée dans le quotidien tristement réel d'un enfant apeuré. On retiendra de nombreuses scènes, parmi lesquelles une où elle force son fils à lui montrer son zizi ou une autre où elle le bat à n'en plus finir après qu'il ait fait le mur pour aller à une soirée. C'est bel et bien deux portraits que livre le réalisateur. D'une part celui de la mère qui refuse de réaliser l'emprise qu'elle a sur son enfant et les traumatismes qu'elle lui cause. D'autre part, celui du petit garçon qui aime vraiment sa maman mais qui a envie de grandir, de faire ses propres choix, d'exister seul. Le mélange d'amour et de haine qu'il va ressentir va le plonger dans une profonde dépression. Enfermé dans sa maison où tout le monde se voile la face ou se désiste (sa soeur veut l'aider mais finit par partir faire sa propre vie) , il va imploser pour finir par exploser.Humiliation en public, répliques assassines, traumatismes à la chaine : Mon fils à moi est le film sado-maso du Printemps, servi par une Nathalie Baye géniale et une belle maitrise pour une première oeuvre. Fougeron, dès son premier long, instaure une ambiance claustro qui hantera les spectateurs longtemps après la projection.