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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Par effraction : Jude Law et Juliette Binoche "in love"


Crédit Photo : Buena Vista International


Will est beau, Will est riche, Will est un architecte passionné et inspiré. Mais Will va mal : le courant ne passe plus avec sa femme. Une femme qu'il a épousé alors qu'elle avait déjà une fille, une fille qui a quelques troubles du comportement. C'est Miro, un jeune délinquant, qui va bousculer la vie de Will en pénétrant par effraction dans son bureau pour voler du matériel avec ses voyous de potes. Tandis que l'architecte est obsédé à l'idée de serrer le malfrat, celui-ci pénètre dans sa vie en consultant ses fichiers d'ordinateurs. Mais Will va retrouver sa trace et pénétrer à son tour dans son quotidien. Un quotidien brisé : Miro vit avec sa mère Amira, une réfugiée bosniaque désespérée de voir son fils aligner les mauvais coups. Paumé+Paumée = liaison tourmentée. Coup classique pour une histoire un peu téléphonée mais ne tirant jamais de trop sur la corde sensible.


Juliette Binoche
en réfugiée bosniaque, il fallait oser ! Minghella l'a fait et même si l'accent forcé de la talentueuse actrice fait sourire au début, ce détail sera rapidement oublié par la suite. Car Binoche est habitée par ce personnage anti-sexy au possible. Le titre original du film résume bien son propos : Breaking and entering. Le cambriolage, le voyeurisme , l'obsession : autant d'effractions qui font mal pour permettre de percer les autres et se percer surtout soi-même. Dans Par effraction , les personnages se provoquent, se brisent, se perdent vers l'inconnu. Le duo Binoche/Law fonctionne et se révèle moins attendu que prévu. Le pathos est évité, c'est une étrange serennité (musique d'Underworld aidant) qui prend le dessus au niveau de l'ambiance feutrée. Minghella nous place sur le fil de son long-métrage froid où chacun cherche une issue, son propre univers. Ce n'est pas un hasard si Will est architecte : appartements, buildings, maisons : on est tous parfois un mur, quelque chose de tantôt habité, tantôt vide. Le petit quartier où se déroule l'intrigue est très joliment filmé, Jude Law est convaincant en homme usé. Bien sur, au final  la glace est brisée et tout s'arrange comme on pouvait s'y attendre. Film psychologique pudique et sensible , Par effraction ne chamboule donc pas le spectateur mais pourra être considéré par certains comme un exercice sentimental plutôt bien fichu.

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