Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Bac Films
Une route, deux sens opposés. Mais où va donc Stéphane (Sylvain Dieuaide) ? Il va vers un petit village de Province, on ne sait pas trop pourquoi. Louis (Darroussin) est au lit avec une femme, sa femme ? Peut être, peut être pas. Non en fait c'est une prostituée. Mais il a des sentiments pour elle. Plus tard il voit Agnés (Emmannuelle Devos). Sa femme ? Non, sa soeur. Ou peut être son amie, si on analyse la scène où sa présumée mère ne le reconnait même pas. Bonnell nous balade , s'amuse avec les codes du film choral avec intelligence. Comme le titre l'indique, chacun attend quelqu'un ou quelque chose, de façon plus ou moins consciente : Stéphane attends de retrouver son fils qu'il a abandonné, Louis attend l'amour, Agnès aimerait peut être attendre un enfant. Des personnages joyeusement largués dont on suit le quotidien avec grand plaisir. Car Jérome Bonnell expose avec beaucoup d'habileté, de justesse, les joies et les situations cocasses de celui-ci. Ses protagonistes sont simplement humains, c'est à dire imparfaits. Louis est dans le fond carrément beauf, là à toucher ses serveuses. Agnès peut être un peu volage, son compagnon Jean-Philippe un peu trop plan plan. Peu importe : le réalisateur les filme avec une tendresse incroyablement communicative. Les faiblesses passagères et les doutes n'empechent pas d'accéder au bonheur et de profiter de la vie.
Des enfants, des animaux, ces personnages ? Une dame promène un chien, on ne sait pas trop ce qu'elle fait là. Simple personnage utilisé pour une pirouette finale bien mignonne ou révélatrice du fait que nos amis provinciaux sont de petites bêtes prêtes à laisser leur côté spontané, sauvage, prendre le dessus ? J'attends quelqu'un fait partie de ces films où plusieurs niveaux de lecture sont possibles, où chacun s'y retrouve. Où une scène de sexe tout en nuance fait vibrer, où un adieu dans une voiture émeut, où l'on réclame des baisers comme des bébés et se chamaille dans le lit conjugual. Simple et beau, ce chassé-croisé amoureux est un petit bonheur.