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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Belle toujours : se souvenir de Belle de Jour


Crédit Photo : Les films du Paradoxe


La fin de Belle de jour laissait planer le doute. Monsieur Husson avait-il révélé au gentleman Pierre que sa femme Séverine était masochiste et se prostituait ? Belle toujours commence en s'annoncant comme un hommage au film de Bunuel. Et en effet, l'exercice ressemble plus à un hommage qu'à une véritable suite. L'ouverture se fait sur un concert (très long au passage) où Husson voit de loin la Séverine qui l'obsédait tant et qu'il avait plus ou moins poussé à réaliser ses fantasmes obscurs en lui donnant l'adresse d'une certaine Madame Anais. Husson essaie d'aller lui parler une fois le spectacle fini. En vain. Car si lui a envie de revoir Séverine, cette dernière ne semble pas pressée de ressasser le passé. Mais notre homme est du genre tenace. Il va la suivre, se débrouiller pour obtenir son adresse et la persuader d'accepter un diner en sa compagnie. En attendant, il se saoule dans un bar en conversant avec le barman...


Belle toujours
joue à fond la carte de la nostalgie. Ne vous attendez pas à retrouver la patte de Bunuel, des fantasmes surréalistes ou même une quelconque explication sur l'histoire. Pour son film, Manoel de Oliveira préfère se souvenir de cette oeuvre qui l'a marqué. Ainsi, Piccoli rabâche l'histoire du film au serveur avec plaisir et regret. Le regret d'une époque où ces petites maisons de plaisir comblaient ses attentes sexuelles tout en restant très classes. Dans le bar, il y a des prostituées. De la nouvelle génération. Elles papotent, racontent des futilités, espèrent trouver des clients. Si on est ravi de revoir Piccoli dans l'un de ses plus grands rôles, l'ennui n'est pas vraiment loin. On serait tenté de se dire : "A quoi ça sert de faire un film qui n'a pour but que de rappeler ce qu'était Belle de jour ?" Peut être est-ce un film sur le thème du souvenir, sur le temps qui passe. En tout cas, les actrices qui jouent les prostituées sont sacrément mauvaises.


Le spectateur attend impatiemment la rencontre fatidique entre Séverine et Husson. Celle-ci arrivera bien tard après des plans style cartes postales sur Paris assez longuets. Finalement, l'ancienne Belle de jour accepte un rendez-vous, désireuse de découvrir la vérité sur l'entretien de Husson avec son défunt mari (oui, Pierre est mort). Le repas se passe dans une suite, le climat est tendu. Ils ne se parlent pas pendant de longues minutes et quand ils ouvrent la bouche c'est pour parler encore et encore du passé ou s'insulter de la façon la plus courtoise qui soit. Au final on apprend rien, il n' y a rien de nouveau sous le soleil de Paris depuis 38 ans. Ah si, Belle de jour dit avoir changé, elle envisagerait peut être même d'être nonne. Il est certain que vu comment Bulle Ogier patauge pour reprendre le rôle de Deneuve, on la verrait plus en nonne qu'en prostituée distinguée. Elle fait ce qu'elle peut mais elle ne parvient jamais à trouver l'intensité de l'originale. Au final Belle toujours, aussi élégant et attendrissant puisse-t-il être, se révèle bien anecdotique. Un long métrage qui aurait peut être plus sa place dans le coeur d'un festival thématique que dans une salle de cinéma. 10 euros pour 1h10 de "Je me souviens", c'est un peu poussif non ?

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