Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Colifilms Distribution
Le film s'ouvre sur son personnage principal : Dan Dunne (Ryan Gosling). Le bonhomme est sérieusement défoncé et fait direct penser à un junkie de base. Sauf que la journée, Duncan officie comme prof dans un lyçée. Enseigner le jour, se shooter la nuit : un programme difficile à gérer. Le regard triste, le fantôme de son ex dans la tête (une fille qui ,elle, a réussi à décrocher de la drogue), des relations familiales et sentimentales troubles : rien ne va pour lui. Son seul rayon de soleil, ce qui le fait tenir, ce sont ses élèves. Et une jeune fille en particulier : Drey (Shareeka Epps), une gamine dont le frère a fini en prison pour une affaire de drogue (tiens,tiens). Drey ne peut compter sur sa mère qui se tue au travail toute la journée et voit en son professeur un ami et une sorte de figure parternelle ou fraternelle. Duncan et elle vont se soutenir, entretenir une relation amicale forte pour essayer de se sortir de l'état Half Nelson. Car Half Nelson est le nom d'une prise de lutte qui immobilise. Parviendront-ils à s'épanouir et repartir à zéro malgré des situations initiales handicapantes ?
Dans sa salle de classe, le professeur ne parle presque que de dialectique, de forces contraires, d'opposés. L'opposition est un thème important dans cette oeuvre indé au grain pourri disposant d'un certain attrait. On peut être prof et défoncé, on peut être soeur d'un taulard et bien pensante...Ryan Fleck semble tout faire pour éviter les clichés, pour s'approprier son sujet et ne pas être qu'un clone de tous ces films où profs et élèves finissent par se comprendre. Le réalisateur peut compter sur Ryan Gosling, absolument splendide dans tous les plans, pour apporter charme et gravité. Mais on comprend bien vite que sans Gosling ce film ne tiendrait franchement pas la route. La réalisation est banale, on remarque certaines longueurs, les bons sentiments ne peuvent s'empêcher de pointer le bout de leur nez de temps en temps. Non, Ryan Fleck ne parvient pas toujours à échapper aux clichés, il tombe même parfois dans un pathos assez grossier (scène où Drey se retrouve à donner de la drogue à son prof au bout du rouleau dans une soirée junkie). On ne va pas cracher sur cette petite production qui a tout de même le mérite de nous offrir deux personnages attendrissants et formidablement interprétés. Mais Half Nelson reste justement immobilisé dans sa case de petit film ricain indépendant avec un sujet trash mais pas trop pour émouvoir les spectateurs en quête de sensations un peu fortes.Regardable et même recommandable si vous voulez découvrir Ryan Gosling, ce film est pour lui.