Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Wild Side
Katrina (Emily Barclay) est jeune, Katrina ne fout rien de sa vie à part se faire épiler, Katrina est bonne (au sens purement physique du terme). Bienvenue dans l'univers d'une véritable peste qui a perdu toute notion de respect, toute humilité. En plein dans la génération texto, la demoiselle est accrochée à son portable où les photos de ses partenaires sexuels sont stockées. Et elle en a eu un certain nombre. Dans sa petite ville, Katrina est l'attraction locale, celle qu'il faut contacter si on a une envie soudaine de prendre du plaisir. Clope au bec, décolleté plongeant, démarche de pouf : rock'n roll attitude. Mais si l'on parle beaucoup d'elle ces temps-ci, c'est parce qu'elle est soupconnée d'avoir manigancé l'assassinat de son propre père. Son entourage évoque les faits, fonde ses théories. Cette pauvre fille qui vénère son frère en prison a-t-elle commis le crime parfait ?
Musique rock teenager en fond, caméra à l'épaule, effets vintage : Paul Goldman se lâche et réalise avec son premier long-métrage une oeuvre pleine de rage et d'artifices. A l'image de son générique un peu foireux où l'on voit l'icone des textos se balader dans les ruelles. Le feu sous la peau est un film qui vieillira sans doute mal. Mais on est quand même très loin du navet. Et cela, on le doit beaucoup à Emily Barclay qui incarne la bitch attitude avec un plaisir communicatif. Katrina a le feu sous la peau mais surtout le feu aux fesses et témoigne d'une cruauté qui , si elle est prise au second degré, se révèle être un défouloir en or pour le spectateur. A l'enterremennt de son père, elle ne pense qu'à une chose : le texto qu'elle vient de recevoir et où il y a marqué "Wanna fuck?". On est reconnaissant à Goldman d'aller jusqu'au bout de son propos, de laisser son personnage aller au bout de sa bêtise sans jamais tomber dans le pathos ou l'analyse sociologique lourdingue. Le feu sous la peau est un teen movie rock'n roll et trashy où tout semble permis, où la beauf attitude dégouline et où l'inconscience règne. On regrettera le parti pris du faux documentaire qui gâche un peu tout : il y avait des procédés plus intéressants à exploiter. Nous sommes là devant un film maladroit mais qui par moments se révèle très libre. Si vous êtes en manque de "poufiasserie", vous savez ce qu'il vous reste à faire...