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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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La fiancée errante : embrouilles et solitude


Crédit Photo : Bodega Films


Le film s'ouvre sur le début d'un voyage. Celui d'Ines (Ana Katz) et de son joli petit ami, Miguel. Ils sont dans le car, prêts à passer des vacances en amoureux. Sauf que de suite, la discussion tourne au règlement de comptes, à la crise de couple. Elle en a marre d'être incomprise, de ne pas avoir ce qu'elle attend de lui. Il semble lassé, fatigué des reproches de sa douce, pas très prêt à dialoguer.Son silence la ronge, sa suffisance l'achève. Le car marque l'arrêt, ils sont arivés à destination. Elle sort rapidement, lui reste à l'intérieur et la plante sur le bord de la route. Elle a l'air bête et se retrouve forcée à passer ses vacances toute seule. Alors elle ère, elle traine au milieu de la forêt, rencontre des gens, se saoule et puis elle attend. Elle attend qu'il vienne, qu'il l'appelle, qu'ils s'expliquent, qu'ils s'aiment. Tout ne marche pas toujours comme on veut. Entre embrouilles téléphoniques et grands moments de solitude, Ines va être contrainte de faire le point et de tenter d'avancer au milieu du vide.

Ana Katz filme la lose avec naturel et incarne le premier rôle de ce film simple sur les sentiments qui sont si compliqués. Le personnage d'Ines est un mystère qui se dévoile progressivement par le biais de ses rencontres. Certaines situations ne semblent pas dénuées d'ironie et on ne peut s'empêcher de penser : "quand même, la pauvre". La fiancée errante est une réussite, notamment grâce à ses conversations téléphoniques criantes de vérité. Toute personne ayant vécu une relation en "fin de carrière" s'y reconnaitra. Ca s'insulte, ça se cherche, ça raccroche, ça rappelle de façon compulsive, excuses puis reproches à nouveau. La réalisatrice capte et met joliment en scène le cercle vicieux de la fin du couple, ce moment pénible où l'on est plongé dans un dialogue de sourd, où on déteste l'autre pour nous faire tant souffrir mais en même temps on ne peut se résoudre à lui dire adieu. L'absence et le vide sont au centre du récit, mais émerge parfois quelques moments de réconforts. Au coeur d'une forêt, au bord de l'eau, Ana Katz nous invite à errer avec elle. Une balade douce amère qui fait du bien.

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