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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Ceux qui restent : coup de foudre à l'hôpital ?


Crédit Photo : StudioCanal


Bertrand (Vincent Lindon) mène une vie terne, pleine de solitude depuis que sa femme est à l'hôpital à cause d'un cancer du sein. Voilà presque 5 ans que cela dure. Une situation encore plus difficile à vivre puisque Bertrand se retrouve à vivre seul avec sa belle-fille en pleine crise d'adolescence. Toujours les mêmes journées tristes, les mêmes visites difficiles...Et puis, un jour dans le couloir, il rencontre Lorraine (Emmanuelle Devos). Fantasque et "bien roulée" cette femme doit aussi faire face à un compagnon hospitalisé (du colon pour sa part). Les temps sont durs mais maintenant ils ne seront plus seuls. Chaque jour, Bertrand et Lorraine vont prendre des cafés , papoter, faire le chemin retour ensemble. Sans s'en rendre compte, ils esquissent un début de relation loin de leurs partenaires. Vont-ils s'accrocher à leurs conjoints malades ? Vont-ils passer à l'acte et entamer une relation adultère ? Sont-ils finalement faits pour être ensemble ?

Ce n'est pas un sujet facile et on le sent. Le scénario laisse la place à des scènes assez pathos qui ne transmettent pas trop d'émotions. Les scènes entre Bertrand et sa fille sont ainsi particulièrement barbantes et paraissent  surjouées. Anne Le Ny cède parfois à la facilité, s'accroche au final à une mise en scène assez plan-plan et livre de flagrantes maladresses de première réalisation. Mais face à ces problèmes, il y a le duo très charmant formé par Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. Le film ne s'envole réellement que lorsque ces deux formidables interprètes sont à l'écran. Les dialogues sonnent alors très juste et l'intérêt est à nouveau de mise. Car Ceux qui restent est un film qui par moment se révèle très bien écrit, disposant de jolis moments de pudeur et de réalisme (les scènes d'intimités sont très réussies). Alors certes, on y retrouve tous les vilains clichés du cinéma d'auteur français (des quarantenaires déprimés, des ados hystériques et incompris, une petite musique un peu lourdingue, des séquences émotions un brin surfaites) mais souvent le charme opère. Si ce long-métrage ne fera pas date dans l'histoire du cinéma, il sera difficile d'y oublier Emmanuelle Devos (magique à chaque apparition) et son personnage entre folie, candeur, générosité et égoisme si humain. Rien que pour elle , cette oeuvre est à voir.

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