Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Le film débute , épuré, très élégant. On se balade avec Ian, on apprend à le connaitre, à découvrir son univers. Cette phase permet à tout spectateur de s'imprégner petit à petit de l'histoire du leader et du groupe Joy division en général. Il n'est donc pas du tout nécessaire d'être fan de leur musique pour apprécier le film. Mais si vous n'êtiez pas séduit par Joy Division avant d'entrer dans la salle, attendez vous à en ressortir conquis et à acheter un de leurs albums. Ce qui frappe directement dans ce Control , c'est sa superbe photographie, le travail sur la lumière, le blanc et le noir (vie et mort) qui symbolisent la dualité constante de l'oeuvre et du parcours de Curtis. Dans un univers très stylisé, glamourisé, Ian avance sous les traits de Sam Riley, acteur au magnétisme indiscutable. Le choc et les embrouilles arrivent avec le succès que rencontre le groupe. Un succès qui échappe à Ian, qui l'amène à se refermer sur lui-même , à perdre à la fois le contrôle sur le présent mais aussi sur ce qui constitue son passé (les moments passés avec sa femme, ses enfants) et son futur (comment gérer ces fans qui en veulent toujours plus et qui vous renvoient tant d'amour et d'hystérie face à votre image qui ne vous est peut être pas si familière que ça ?)
La névrose est contagieuse et ce premier long-métrage n'hésite pas à jouer la carté du mélo. Un choix périlleux : sur la fin, les scènes de crises de couples se font un peu trop présentes, redondantes et risquent de lasser légèrement. Mais il serait vraiment bête de s'arrêter là-dessus , Control étant un brillant premier film aussi joliment réalisé, qu'interprété. On remarquera enfin un brillant travail sur le son (important pour un film sur la musique) : lors des concerts ça vibre, ça chauffe les oreilles. Et dès que le spectacle est fini tout est calme, les bruits du quotidien prennent le pas, c'est un autre univers. Portrait d'un jeune homme incontrôlable réalisé par Anton Corbijn qui , lui, semble bien contrôler sa barque, voilà une oeuvre prometteuse et revigorante.