Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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La famille Hanson aurait pu être une famille banale. Les parents possèdent une bijouterie dans une zone commerciale, Andy (Philip Seymour Hoffman) leur fils ainé est marié à une femme sublime et possède un job qui lui permet de mener une vie très confortable...Et puis il y a Hank (Ethan Hawke), le petit frère. C'est sans doute à première vue le personnage le plus largué. Divorcé, sans le sou, il est en recherche de stabilité. Il a besoin d'argent, rapidement. La solution au problème aurait pu être simple: Andy aurait pu lui prêter de l'argent, et tout le monde aurait été content. Mais Andy est rongé par le passé. Il n'a jamais été bien vu par son père, se sent toujours à part et au boulot il multiplie les petites magouilles (un contrôle fiscal imminent va le plonger dans une violente angoisse). Andy en veut toujours plus, ne voit pas le bonheur qui s'offre à lui (frère aimant, femme sublime, boulot stable). Il va alors proposer à son frère de résoudre ses problèmes d'argent...en le mettant sur un bracage. Et pas n'importe lequel puisque Andy veut braquer ses propres parents ! Ou plutôt envoyer son petit frère le faire, pendant qu'il attend confortablement installé dans son vaste bureau. Hank est réticent au départ, c'est un mec bien. Mais son frère va réussir à lui faire perdre la raison et à accepter son offre. L'offre du diable. Hank se prépare à faire son coup mais ne se sent pas assez fort seul. Il demande donc à un ami de l'accompagner. La stratégie est fixée : ils vont braquer mais surtout pas tirer , quoi qu'il arrive. Mais les choses vont bien entendu, comme dans tout film noir, prendre une tournure aussi inattendue que désastreuse. Bienvenue en enfer !
7h58 ce samedi-là est une oeuvre cruelle. Les personnages sont arrivés au point de non retour, plus rien ne peut les sauver. Ni l'amitié, ni la famille, ni l'amour. La trahison est partout, la vengeance et la peur rongent chaque protagoniste. C'est une véritable descente aux enfers que propose le réalisateur : plus les minutes passent, plus les choses s'aggravent et plus la rédemption semble impossible. Le film s'appuie sur un montage alambiqué et particulièrement efficace, permettant de creuser la psychologie de chaque personnage. Et ce qu'il y a à découvrir n'a rien de reluisant. Oeuvre désespérée,cynique, sur une société désillusionnée qui n'a plus aucun principe, le dernier Sidney Lumet est particulièrement émouvant et angoissant. Pour jouer l'extrême solitude, Ethan Hawke et Philip Seymour Hoffman sont tout simplement extraordinaires. Ce sont des pointures filmées par un cinéaste important qui parvient encore à nous faire suffoquer en mettant en scène l'affreuse superficialité de notre monde. Du vrai bon cinéma américain à déguster dans les salles obscures.