Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : SND
1959 en Algérie. Le climat se fait de plus en plus tendu entre l'armée française et les kabyles. Parmi les forces tricolores, on trouve le sergent Dougnac (Albert Dupontel) désormais blasé de toutes les horreurs de guerre dont il a été le témoin et parfois l'auteur. Au camp le blues est dans tous les esprits, personne ne voit la fin du tunnel. Et puis surgit le lieutenant Terrien (Benoit Magimel) , un homme idéaliste et sensible qui ne veut pas exterminer à la hâte le premier ennemi potentiel qui arrivera vers lui. Deux regards s'opposent et se comprennent. Mais si au départ Terrien semble serein, il va rapidement découvrir que lui aussi est tombé dans l'enfer du quotidien injustement sanglant du conflit et qu'il est devenu son propre ennemi, un ennemi intime. Pendant ce temps , loin de l'Algérie, en France , la télévision masque la réalité...
Dès les premières minutes de l'Ennemi Intime on est frappés par la jolie mise en scène et la photoghraphie ultra léchée. Les décors sont superbes, les batailles magnifiquement orchestrées. Au milieu de ce spectacle très esthétique et maitrisé, Benoit Magimel et Albert Dupontel sont impeccables , dans leur registre habituel. Oui, c'est bien fichu, oui on sent qu'il y a un vrai réalisateur derrière la caméra. Mais par contre on se demande ce qu'a bien pu faire le scénariste. Le thème de la guerre d'Algérie et la censure qu'elle a engendré est sensible. Le film d'Emilio Siri se contente de nous démontrer, de la façon la plus académique qui puisse être, que la guerre c'est mal, la guerre c'est traumatisant. Les injustices s'enchainent dans un écrin doré. Et soudain on se surprend à penser qu'en fait ce qui est beau dans ce long-métrage c'est les scènes d'actions. Hors celles-ci illustrent l'horreur de la guerre. Cela peut poser problème, idéologiquement parlant. Car tant que ça ne saute pas , on s'ennuie. Les scènes déja vues s'enchainent, le film ne surprend jamais et donc ne marque pas. Le générique de fin peine à arriver et lorsque le moment arrive on a la désagréable sensation de ne rien avoir appris sur le sujet, d'assister à une leçon d'Histoire banale, attendue et sophistiquée. Pas de véritables émotions, que des plans travaillés à l'extrême (qualité incontestable, il faut le dire). Ennui et divertissement se succèdent, la médiocrité scénaristique malheureusement reste. Un film qui manque de force.